Gustav Leonhardt – harpsichord
Eblouissant !
« La beauté n’est que la promesse du bonheur »
Foutre des neuf garces du Pinde,
Foutre de l’amant de Daphné,
Dont le flasque vit ne se guinde,
Qu’à force d’être patiné :
C’est toi que j’invoque à mon aide,
Toi qui dans les cons, d’un vit raide,
Lance le foutre à gros bouillons ;
Priape soutiens mon haleine,
Et pour un moment dans ma veine,
Porte le feu de tes couillons.
Que tout bande, que tout s’embrase ;
Accourez putains et ribauds :
Que vois-je ?… Où suis-je… Ô douce extase !…
Les cieux n’ont pas d’objets si beaux.
Des couilles en bloc arrondies,
Des cuisses fermes et bondies,
Des bataillons de vits bandés,
Des culs ronds sans poils et sans crottes,
Des cons, des tétons et des mottes,
D’un torrent de foutre inondés.
Restez adorables images,
Restez à jamais sous mes yeux ;
Soyez l’objet de mes hommages,
Mes législateurs et mes dieux :
Qu’à Priape on élève un temple
Où jour et nuit l’on vous contemple,
Au gré des vigoureux fouteurs ;
Le foutre y servira d’offrandes,
Les poils de couilles de guirlandes,
Les vits de sacrificateurs.
Aigle, baleine, dromadaire,
Insecte, animal, homme, tout,
Dans les cieux, sous l’eau, sur la terre,
Tout nous annonce que l’on fout :
Le foutre tombe comme grêle,
Raisonnable ou non, tout s’en mêle,
Le con met tous les vits en rut :
Le con du bonheur est la voie,
Dans le con gît toute la joie,
Mais hors du con point de salut.
Quoique plus gueux qu’un rat d’église,
Pourvu que mes couillons soient chauds,
Et que le poil de mon cul frise,
Je me fous du reste en repos.
Grands de terre l’on se trompe,
Si l’on croit que de votre pompe
Jamais je puisse être jaloux :
Faites grand bruit, vivez au large ;
Quand j’enconne et que je décharge,
Ai-je moins de plaisirs que vous ?
Que l’or, que l’honneur vous chatouille,
Sots avares, vains conquérants ;
Vivent les plaisirs de la couille !
Et foutre des biens et des rangs.
Achille aux rives du Scamandre,
Pille, détruit, met tout en cendres ;
Ce n’est que feu, que sang, qu’horreur :
Un con paraît, passe-t-il outre ?
Non, je vois bander mon jean-foutre ;
Le héros n’est plus qu’un fouteur.
De fouteurs la fable fourmille :
Le soleil fout Leucothoé,
Cynire fout sa propre fille,
Un taureau fout Pasiphaé ;
Pygmalion fout sa statue,
Le brave Ixion fout la nue ;
On ne voit que foutre couler :
Le beau Narcisse pâle et blême,
Brûlant de se foutre lui-même,
Meurt en tachant de s’enculer.
Socrate, direz-vous, ce sage,
Dont on vante l’esprit divin,
Socrate a vomi peste et rage,
Contre le sexe féminin :
Mais pour cela le bon apôtre,
N’en n’a pas moins foutu qu’un autre ;
Interprétons mieux ses leçons :
Contre le sexe il persuade ;
Mais sans le cul d’Alcibiade,
Il n’eût pas tant médit des cons.
Mais voyons ce brave cynique,
Qu’un bougre a mis au rang des chiens,
Se branler gravement la pique,
À la barbe des Athéniens :
Rien ne l’émeut, rien ne l’étonne ;
L’éclair brille, Jupiter tonne,
Son vit n’en est point démonté ;
Contre le ciel sa tête altière,
Au bout d’une courte carrière,
Décharge avec tranquillité.
Cependant Jupin dans l’Olympe,
Perce des culs, bourre des cons ;
Neptune au fond des eaux y grimpe,
Nymphes, sirènes et tritons ;
L’ardent fouteur de Proserpine,
Semble dans sa couille divine,
Avoir tout le feu des enfers :
Amis, jouons les mêmes farces ;
Foutons tant que le con des garces
Nous foute enfin l’âme à l’envers.
Tysiphone, Alecto, Mégere,
Si l’on foutait encor chez vous,
Vous Parques, Caron et Cerbère,
De mon vit vous tâteriez tous :
Mais puisque par un sort barbare,
On ne bande plus au Ténare,
Je veux y descendre en foutant ;
Là, mon plus grand tourment, sans doute,
Sera de voir que Pluton foute,
Et de n’en pouvoir faire autant.
Redouble donc tes infortunes,
Sort, foutu sort, plein de rigueur ;
Ce n’est qu’à des âmes communes
À qui tu peux foutre malheur :
Mais la mienne que le vit d’un carme,
Se ris des maux présents, passés :
Qu’on m’importe ? mon vit me reste ;
Je bande, je fous, c’est assez.
Alexis Piron, 1710
« Les Piron, écrit Sainte-Beuve, étaient une souche de chansonniers, de malins compères et de satiriques. » Alexis fut surtout marqué par son père, Aimé Piron, maître apothicaire de son état, qui fut l’ami et le rival de La Monnoye en matière de noëls bourguignons. Alexis Piron hésita longtemps sur le choix d’une profession. Après des études au collège de Jésuites des Godrans à Dijon et des études de droit à Besançon, il fut employé brièvement chez un financier puis essaya, mais sans succès, le barreau de sa ville natale.
Vers l’âge de vingt ans, il composa son Ode à Priape, dont l’immoralité fut fameuse et qui annonçait un vrai talent. Cette Ode le poursuivit toute sa vie durant : elle lui fut à la fois un titre d’une gloire quelque peu sulfureuse, en même temps qu’un boulet qu’il dut traîner et qui finit par lui fermer les portes de l’Académie française, en dépit de Fontenelle qui disait : « Si Piron a fait la fameuse ode, il faut bien le gronder, mais l’admettre ; s’il ne l’a pas faite, fermons-lui la porte. » Dès que l’ouvrage commença à circuler, Piron fut menacé de poursuites dans sa ville natale de Dijon. Le président Bouhier les arrêta en invitant l’auteur à désavouer sa pièce et en ajoutant : « Si le ministère public insiste, je vous autorise à déclarer que j’en suis l’auteur ; l’affaire en demeurera là. »
Sonnet VI
Et pour parler au vrai des honneurs de son con,
Il est aussi dolent, sans un vit de ménage,
Qu’un aveugle egaré qui n’a point de bâton.
*
Etienne Jodelle
Étienne Jodelle, né en 1532 à Paris où il est mort en juillet 1573, est un poète et dramaturge français. Membre de la Pléiade, il s’efforça d’en appliquer les principes à l’art théâtral. Il fut le premier à utiliser l’alexandrin dans la tragédie. Il apparaît comme un précurseur de la tragédie à l’antique qui naît dans la seconde moitié du XVIe siècle.
Le Point.fr – Publié le 03/02/2012 à 13:04 – Modifié le 03/02/2012 à 15:02
La France souffre-t-elle de paranoïa ? D’un début de schizophrénie ? Jean Dujardin, enfant chéri du cinéma de part et d’autre de l’Atlantique, fait couler une encre amère depuis le 2 février et le début de la polémique liée aux affiches censurées de son prochain film, Les infidèles.
On l’y voyait, tenant acrobatiquement une paire de jambes féminines et dénudées avec cette mention : « Je rentre en réunion. » L’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a jugé que l’image « port(ait) atteinte à la dignité » de la femme et à la « décence », et a décidé en conséquence de la retirer des colonnes Morris et autres panneaux publicitaires. De même que celle où Gilles Lellouche, compère de Dujardin, figurait en position plus sexuelle encore accompagné de cette phrase : « Ça va couper, je rentre dans un tunnel. »
Et la France de s’inquiéter des dégâts que l’affaire pourrait causer au succès hollywoodien de l’Artiste : le jury des Oscars ne risque-t-il pas d’être heurté par cet humour de carabin et de préférer en conséquence un acteur plus sage ? « Les 5 783 membres de l’Académie ont jusqu’au 21 février pour retourner leur bulletin de vote : un délai plus que suffisant pour saper une candidature, écrit Le Figaro.fr. En jouant sur le puritanisme éventuel des 1 311 acteurs habilités à élire le meilleur acteur de l’année 2012, les promoteurs de George Clooney, de Brad Pitt ou de Gary Oldman pourraient contribuer à mettre le petit frenchie « hors jeu ».
On rappelle notamment ici et là la mésaventure de Gérard Depardieu, accusé de viol par la presse américaine en 1991, alors qu’avec son rôle dans Cyrano de Bergerac il concourait pour l’Oscar du meilleur acteur – des rumeurs répandues deux jours avant la cérémonie qui auraient détruit ses chances d’obtenir la récompense. Plus dramatique que celle des Infidèles, l’affaire représente, en effet, un précédent fâcheux.
Force est pourtant de constater que le « scandale des affiches » n’est encore relayé sur les sites anglo-saxons que comme un événement franco-français. Jean Dujardin, après avoir reçu le prix du meilleur acteur du Syndicat des acteurs américains et le Golden Globe du meilleur acteur comique, vient même de rejoindre l’écurie d’Ari Emanuel, l’agent le plus coté d’Hollywood. Oscar ou non, la presse américaine semble (pour le moment) préférer vanter sa double prestation d’acteur muet… et d’ambassadeur de la french touch.
Autrefois elle était fière, la belle Ida
Autrefois elle était fière, la belle Ida.
De sa gorge de lune et de son teint de rose.
Ce gongoriste fou, le marquis de Monrose,
Surnommait ses cheveux les jardins d’Armida.
Mais le corbeau du temps de son bec la rida.
N’importe ! Elle sourit à sou miroir morose,
Appelant sa pâleur de morte une chlorose,
Et son coeur est plus chaud qu’une olla-podrida.
O folle, c’est en vain que tu comptes tes piastres.
Tes yeux sont des lampions et ne sont plus des astres.
Tu n’achèteras pas même un baiser de gueux.
Pourtant si ton désir frénétique se cabre,
S’il te faut à tout prix un cavalier fougueux,
Tu pourras le trouver à la danse macabre.
Jean Richepin, de l’Académie française, Les Caresses, 1877
2004 Mark Zuckerberg fonde le réseau social Facebook à l’adressethefacebook.com.
1985 Procès géant à Naples pour juger 252 personnes soupçonnées d’appartenir à la mafia naрolitaine.
1983 La chanteuse Karen Carpenter (The Carpenters), anorexique, meurt d’un arrêt cardiaque à Los Angeles.
1974 Patricia Hearst, petite-fille du magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée par l’Armée de libération symbionaise.
1974 Âgé de deux mois, le chimpanzé Nim mime son premier mot : boire.
1951 Opération la plus longue au monde (4 jours) pour enlever un kyste ovarien à l’Américaine de Chicago, Gertrude Levandowski.
1944 Première d’ « Antigone » de Jean Anouilh au théâtre de l’Atelier à Paris.
1794 Abolition de l’esclavage par la Convention sur proposition de Danton, Lavasseur et Delacroix.
1789 Élection du premier président des États-Unis, George Washington.
1703 47 samouraïs (ronins) condamnés au seppuku se suicident dans le temple Sangakuji.
Le Point.fr – Publié le 03/02/2012 à 23:59 – Modifié le 04/02/2012 à 09:57
Le tailleur parisien Franz Reichelt choisit de tester lui-même son costume parachute. Il n’a pas l’occasion d’effectuer les retouches nécessaires.
Par Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos
Qui n’a jamais regardé les images de ce personnage engoncé dans un ridicule costume d’homme-oiseau en train de s’écraser au pied de la tour Eiffel? Sur des images sautillantes datant du 4 février 1912, on le voit hésiter longuement. Il avance, il recule. Que se passe-t-il alors dans sa tête ? A-t-il peur ? A-t-il froid ? Se demande-t-il s’il n’a pas oublié de fermer le gaz avant de sortir de chez lui ? On sait seulement qu’il va sauter et s’écraser sur le sol. Ce ne sont que des images tirées d’un passé depuis longtemps révolu, mais on voudrait encore lui crier: « Non, ne saute pas ! Rentre chez toi ! » Et puis, la seconde suivante, on pense, avec une pointe de sadisme : « Vas-y, imbécile, saute ! » Bien sûr, il s’élance et s’écrase au sol. Un saut que, depuis un siècle, il répète sans fin grâce à la magie du cinéma.
Derrière cet hurluberlu déguisé en oiseau, il y a un honnête homme persuadé d’oeuvrer pour le bien de l’aviation et de l’humanité. Il s’appelle Franz Reichelt, il est tailleur dans le quartier de l’Opéra. Né en 1878, à Stětí (aujourd’hui, la République tchèque), il débarque en France à 20 ans, armé d’une paire de ciseaux. Franz est fasciné par les débuts de l’aviation. Il suit avec passion les exploits des fous volants, se désespérant à chacun de leur accident mortel. Il se met alors en tête de confectionner une tenue pour aviateur facilement transformable en parachute.
Après mûre réflexion, il opte pour des ailes repliables. Les premiers essais menés depuis le cinquième étage d’un immeuble avec un mannequin sont encourageants. Du moins, le mannequin ne se plaint pas à l’atterrissage. Encouragé, Franz propose son invention à la ligue aérienne abritée par l’Aéro-Club de France. Mais celle-ci, peu convaincue du procédé encombrant et lourd, ne donne pas suite. Le petit tailleur ne se décourage pas pour autant, il dessine un nouveau costume ne pesant que 70 kilos. Mais à plusieurs reprises, le mannequin lâché du cinquième étage s’écrase au sol.
Le saut de la mort de Franz Reichelt