Le Point.fr – Publié le 03/02/2012 à 13:04 – Modifié le 03/02/2012 à 15:02
La polémique se poursuit autour des affiches « machistes » du prochain film de Dujardin. Risque-t-elle de lui coûter l’Oscar ?
La France souffre-t-elle de paranoïa ? D’un début de schizophrénie ? Jean Dujardin, enfant chéri du cinéma de part et d’autre de l’Atlantique, fait couler une encre amère depuis le 2 février et le début de la polémique liée aux affiches censurées de son prochain film, Les infidèles.
On l’y voyait, tenant acrobatiquement une paire de jambes féminines et dénudées avec cette mention : « Je rentre en réunion. » L’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a jugé que l’image « port(ait) atteinte à la dignité » de la femme et à la « décence », et a décidé en conséquence de la retirer des colonnes Morris et autres panneaux publicitaires. De même que celle où Gilles Lellouche, compère de Dujardin, figurait en position plus sexuelle encore accompagné de cette phrase : « Ça va couper, je rentre dans un tunnel. »
Inquiétudes
Et la France de s’inquiéter des dégâts que l’affaire pourrait causer au succès hollywoodien de l’Artiste : le jury des Oscars ne risque-t-il pas d’être heurté par cet humour de carabin et de préférer en conséquence un acteur plus sage ? « Les 5 783 membres de l’Académie ont jusqu’au 21 février pour retourner leur bulletin de vote : un délai plus que suffisant pour saper une candidature, écrit Le Figaro.fr. En jouant sur le puritanisme éventuel des 1 311 acteurs habilités à élire le meilleur acteur de l’année 2012, les promoteurs de George Clooney, de Brad Pitt ou de Gary Oldman pourraient contribuer à mettre le petit frenchie « hors jeu ».
On rappelle notamment ici et là la mésaventure de Gérard Depardieu, accusé de viol par la presse américaine en 1991, alors qu’avec son rôle dans Cyrano de Bergerac il concourait pour l’Oscar du meilleur acteur – des rumeurs répandues deux jours avant la cérémonie qui auraient détruit ses chances d’obtenir la récompense. Plus dramatique que celle des Infidèles, l’affaire représente, en effet, un précédent fâcheux.
Force est pourtant de constater que le « scandale des affiches » n’est encore relayé sur les sites anglo-saxons que comme un événement franco-français. Jean Dujardin, après avoir reçu le prix du meilleur acteur du Syndicat des acteurs américains et le Golden Globe du meilleur acteur comique, vient même de rejoindre l’écurie d’Ari Emanuel, l’agent le plus coté d’Hollywood. Oscar ou non, la presse américaine semble (pour le moment) préférer vanter sa double prestation d’acteur muet… et d’ambassadeur de la french touch.




Bonjour Claude,
il est vrai que cela importe plus de crier au scandale pour une affiche comme celle-ci que de crier au scandale de voir des gens dans la rue qui meurt de froid et de faim.
Mais où donc ce monde, va……………Pff en quoi cela gêne l’honneur des femmes ? Je ne vois pas, vraiment pas !
Il faut bien que que l’ARPP démontre qu’elle sert à quelque chose et que les journalistes trouvent des sujets.
Après si cela devait nuire à Jean Dusjardin, j’aurai envie de dire que c’est complètement nul. Enfin, on s’occupe comme on peut dans ce monde où le pire est possible, sans que personne ne s’insurge !
gros bisous, Helene
Bon après-midi Hélène,
Tu sais, les gens crient au scandale devant l’immobilité des pouvoirs publics, qui les concerne directement : les gens mal logés, les vrais chômeurs, les gens au ou sous le seuil de pauvreté, les SDF qui meurent de froid dans nos rues dont les vitrines étalent leur opulence, les gens qui survivent par les Restos du coeur, la Croix-Rouge, Les Petits Frères des pauvres, Ozanam . Le citoyen crie et s’engage. Le politique manipule l’incohérence des idées, s’isole de la réalité, s’engraisse, est sourd, aveugle et muet à la souffrance des gens, dévoré par l’ambition et le goût du pouvoir. Son entourage élimine et lui cache ce qui pourrait l’ébranler (par entourage, j’entends ses conseillers, les élus de tout bord qui font écran).
Les jolies jambes d’une jolie femme sont des moments de rêve et de douceur. On se trompe de combat ! Une image dégradante de la femme ? Qu’en pense celle qui a posé ? L’image dégradante, c’est bien celle de ceux qui détiennent le pouvoir et l’argent… pardon, je m’insurge. Mais je sais trop où le bas blesse. Depuis l’intervention de l’abbé Pierre, à l’Assemblée nationale, comme député, en 1954 en faveur des SDF et des mal logés (hiver terrible), rien n’a bougé au niveau gouvernemental; par contre les consciences individuelles se sont réveillées mais font avec leurs moyens.
Gros bisous
Claude.