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Archives pour 23 février, 2012

L’Amor (da « Bella Terra ») : Poème de Miquel Marti i Pol Todo -Musique d’Arianna Savall

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Poème  (Catalunya) de Miquel Marti i Pol Todo mis en musique par Arianna Savall (Fille de Jordi Savall et de Montserrat Figuerras) (Chant et harpe). 

 « Bella Terra est un recueil de poèmes variés que j’ai mis en musique tout au long de ces années et qui répond au désir d’une terre plus lumineuse, plus affective et mystérieuse, méditerranéenne et ouverte au monde, où toute la musique que j’ai pu entendre durant mes années de formation se trouve ici rassemblée autour de la harpe et de la voix réunies comme un seul instrument.

Les douze poèmes de Bella Terra sont unis par un fil subtil qui les mène à un même art de vivre, celui de l’instant vécu ici et maintenant, de la tendresse et la passion de l’amour, de l’innocence presque perdue de l’enfant-adulte, la force évocatrice et puissante de la mer et des rêves « au cours d’une profonde nuit sans voix » (Salvador Espriu), qui s’arrêtent avec le mystère et l’incertitude de la vie. »

Le Blason de La Larme- Maurice Scève (1500-1562)

Le Blason de La Larme
 
Larme argentine, humide et distillante
Des beaux yeux clairs, descendant coye et lente
Dessus la face, et de là dans les seins,
Lieux prohibés comme sacrés et saints.
Larme qui est une petite perle
Ronde d’en bas, d’en haut menue et grêle
En aiguisant sa queue un peu tortue
Pour démontrer qu’elle lors s’évertue
Quand par ardeur de deuil, ou de pitié
Elle nous montre en soi quelque amitié,
Car quand le cœur ne se peut décharger
Du deuil qu’il a pour le tôt soulager
Elle est contente issir hors de son centre,
Où en son lieu joie après douleur entre.
Larme qui peut ire, courroux, dédain,
Pacifier et mitiguer soudain,
Et amollir le cœur des inhumains,
Ce que ne peut faire force de mains.
Humeur piteuse, humble, douce et bénigne,
De qui le nom tant excellent et digne
Ne se devrait qu’en honneur proférer,
Vu que la mort elle peut différer,
Et prolonger le terme de la vie,
Comme l’on dit au livre d’Isaïe.
Ô liqueur sainte, ô petite larmette,
Digne qu’aux cieux – au plus haut – on te mette,
Qui l’homme à Dieu peut réconcilier,
Quand il se veut par toi humilier.
Larme qui apaise et adoucit les dieux,
Voire éblouit et baigne leurs beaux yeux
Ayant povoir encor sus plus grand-chose,
Et si ne peut la flamme en mon cœur close
Diminuer, et tant soit peu éteindre :
Et toutefois elle pourrait bien teindre
La joue blanche et vermeille de celle
Qui son vouloir jusques ici me cèle.
Ô larme épaisse ou compagne secrète
Qui sais assez comment amour me traite
Sors de mes yeux, non pas à grands pleins seaux,
Mais bien descends à gros bruyants ruisseaux,
Et tellement excite ton povoir
Que par pitié tu puisses émouvoir
Celle qui n’a commisération
De ma tant grande et longue passion.

Maurice Scève, Les blasons anatomiques du corps féminins, 1536)

 

De riche famille Lyonnaise, il remporte un concours de blasons en 1536. Dès 1538, il devient chef de file du cénacle de lettrés lyonnais qui créent de nouvelles exigences poétiques en essayant de concilier philosophie hermétique et esprit platonicien.

Le Blason de La Larme- Maurice Scève (1500-1562) dans Notes diverses grilleEn 1544, la parution de Délie, objet de plus haute vertu consacre sa célébrité ; ce poème, inspiré de la manière de Pétrarque, est dédié à Pernette du Guillet, sa jeune élève dont il s’éprit d’un amour impossible. Il a peut-être écrit seul ou avec d’autres poètes, en partie ou en totalité, les Sonnets de Louise Labé. En 1562 on perdit sa trace; la date et le lieu de sa mort sont inconnus. Il avait enfin pour habitude de ne pas signer ses écrits. Écrivain érudit et précieux, il est considéré comme un des précurseurs de Mallarmé.

Concertos pour piano BWV 1052, 1054, 1056, 1058 – Jean-Sébastien Bach (1685-1750)

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Alexandre Tharaud: J.S Bach , Concertos pour piano
Concertos BWV 1052, 1054, 1056, 1058
Concerto pour 4 pianos 1065
Adagio de Bach/Marcello (arr. Tharaud/Labadie)
Les Violons du Roy / Bernard Labadie

 

Quinze longs jours encore et plus de six semaines – Paul Verlaine (1844-1896)

X

Quinze longs jours encore et plus de six semaines

Quinze longs jours encore et plus de six semaines
Déjà ! Certes, parmi les angoisses humaines 
La plus dolente angoisse est celle d’être loin. 

On s’écrit, on se dit que l’on s’aime, on a soin 
D’évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste 
De l’être en qui l’on met son bonheur, et l’on reste 
Des heures à causer tout seul avec l’absent. 
Mais tout ce que l’on pense et tout ce que l’on sent 
Et tout ce dont on parle avec l’absent, persiste 
À demeurer blafard et fidèlement triste. 

Oh ! l’absence ! le moins clément de tous les maux !
Se consoler avec des phrases et des mots, 
Puiser dans l’infini morose des pensées 
De quoi vous rafraîchir, espérances lassées, 
Et n’en rien remonter que de fade et d’amer!

Puis voici, pénétrant et froid comme le fer, 
Plus rapide que les oiseaux et que les balles 
Et que le vent du sud en mer et ses rafales 
Et portant sur sa pointe aiguë un fin poison, 
Voici venir, pareil aux flèches, le soupçon 
Décoché par le Doute impur et lamentable. 

Est-ce bien vrai ? Tandis qu’accoudé sur ma table 
Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux, 
Sa lettre, où s’étale un aveu délicieux, 
N’est-elle pas alors distraite en d’autres choses ? 
Qui sait ? Pendant qu’ici pour moi lents et moroses 
Coulent les jours, ainsi qu’un fleuve au bord flétri, 
Peut-être que sa lèvre innocente a souri ? 
Peut-être qu’elle est très joyeuse et qu’elle oublie ? 

Et je relis sa lettre avec mélancolie. 

Paul Verlaine, La Bonne Table, X

Le 23 février au fil des ans et des siècles…

C’est également arrivé un 23 février

2003 - Suicide du célèbre cuisinier étoilé Bernard Loiseau.

1991 - Violentes émeutes à La Réunion à suite de l’interdiction de Télé Free Dom par le CSA. Bilan : 11 morts.

1958 - Durant le deuxième Grand Prix de Formule 1 de Cuba, le coureur argentin Juan Manuel Fangio est kidnappé à son hôtel sur ordre de Castro.

1899 - Paul Déroulède tente un coup d’État pendant les obsèques du président Félix Faure.

1775 - Première présentation du Barbier de Séville de Beaumarchais au palais des Tuileries.

1716 - À Paris, un directeur des pompes est nommé pour organiser les secours en cas d’incendie.

1530 - Charles Quint est couronné roi d’Italie par le pape Clément VII.

1515 - Tous les enfants nés en France de parents étrangers se voient accorder le droit du sol.

1455 - Première impression de la Bible de Gutenberg. Le premier livre imprimé en série en Europe.

C’est arrivé un 23 février ! 23 février 1905 : quatre provinciaux fondent le Rotary à Chicago

Le Point.fr – Publié le 23/02/2012 à 00:01 – Modifié le 23/02/2012 à 00:46

23 février 1905 : quatre provinciaux fondent le Rotary à Chicago

Un avocat, un ingénieur, un tailleur et un négociant décident de se réunir régulièrement, entre hommes. Le Rotary est né !

Par Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos

Ils sont quatre, comme les trois mousquetaires. Mais eux ne passent pas leur temps à ferrailler, à boire ou encore à courir la gueuse. Ils rêvent d’amitié, de solidarité et de fraternité… entre hommes d’affaires. Il y a d’abord Paul Harris, 36 ans, avocat, qui est à l’origine de toute l’affaire, et puis les trois autres : Gustave Loehr, 41 ans ingénieur des mines, Silvester Schiele, 35 ans, négociant en charbon, et Hiram Shorey, 42 ans, tailleur. Cet après-midi du 23 février 1905, ils ont choisi de se réunir à l’heure du déjeuner dans le bureau de Gustave pour parler d’une affaire très grave : la création d’une association au sein de laquelle les hommes d’affaires de la ville pourraient partager des instants de convivialité tout en discutant business. On l’a compris, c’est une histoire d’hommes, d’amitié et de dollars. Pas de femme pour semer la zizanie. Et puis, à cette époque, elles sont encore peu nombreuses à diriger des entreprises. Il faudra attendre 1989 pour que ces messieurs consentent à les accueillir parmi eux.

 

Nostalgie

 

Le nom de Rotary est choisi parce que les premières réunions se déroulent par rotation dans le bureau d’un membre ou de l’autre. La pieuvre étendra rapidement son emprise sur toute l’Amérique, puis sur le monde entier. Le véritable initiateur du projet est Harris. Les affaires de cet avocat célibataire marchent bien, mais dans l’immense Chicago qui fourmille de conflits sociaux, il se sent en sécurité autant qu’un poisson rouge dans un aquarium de requins. Il a la nostalgie de ses racines. Et ses racines, justement, c’est Racine, un petit bled du Wisconsin où il vint au jour. Alors qu’il a trois ans, ses parents, pauvres commerçants, le confient avec son frère aîné à ses grands-parents paternels dans le Vermont. Le jeune Paul est doué pour les études, alors il enchaîne les universités, gagnant sa vie tour à tour comme vendeur de journaux, reporter, cultivateur de fruits, acteur, et même garçon vacher pour accompagner un chargement de boeufs de l’autre côté de l’Atlantique. Quel cow-boy ! En 1896, le voilà devenu avocat à Chicago. En 1900, par une belle soirée d’automne, c’est la révélation. Un confrère, Bob Frank, l’invite à dîner dans le quartier huppé de Chicago où il vit. Avant de se mettre à table, les deux hommes sortent faire un tour dans les rues. Devant chaque magasin où ils passent, les commerçants saluent aimablement Bob. Tout le monde a l’air de le connaître et manifeste sa joie de le voir. Paul Harris tombe des nues : dans sa banlieue, l’ambiance est plus dure. Les affrontements entre les ouvriers et les patrons secouent même régulièrement la ville.

 

Le jeune avocat a soudain l’impression d’être replongé dans l’atmosphère conviviale de son enfance. « Je continuais à penser que je vivais ce que des centaines, voire des milliers d’autres avaient ressenti dans cette grande ville… J’étais certain qu’il devait y avoir de nombreux autres jeunes gens en provenance de la campagne venus s’installer à Chicago… Pourquoi ne pas nous retrouver ? Si, comme pour moi, la camaraderie leur manquait, quelque chose en ressortirait », écrira-t-il ultérieurement. Durant des années, l’idée de créer une sorte de club pour hommes d’affaires désireux d’échanger des idées dans une ambiance sympathique trotte dans la tête d’Harris. Jusqu’au jour où il convainc trois amis de se retrouver dans le bureau de Loehr. La mayonnaise prend. Au fil des réunions, le groupe s’agrandit. C’est ainsi qu’à la mort de Paul Harris, en 1947, on compte déjà 200 000 rotariens dans 75 pays. Aujourd’hui, ils sont 1,2 million dans 200 pays, femmes comprises…


 

Concerto N°1 pour piano (Romance), Larghetto – Frédéric Chopin (1810-1849)

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Au piano : Georges Cziffra