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Lever de rideau d’un Bolchoï rénové après 6 ans de travaux

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Sept ans après l’annonce de sa création, l’extension du musée parisien promet 900 œuvres pour son inauguration, en 2012. 

Par Claire Bommelaer

 dans Architecture coeur-(Envoyée spéciale à Lens)

À la sortie de la gare de Lens, les voyageurs sont mis dans le bain: le Louvre Lens, «c’est pour 2012», peut-on lire sur des panneaux lumineux. Et tandis qu’on marche sur des pavés estampillés «Louvre Lens», on croise sur le chemin du chantier une opportune «Pharmacie du musée».

Sept ans après l’annonce d’une extension sur Louvre majoritairement portée par la région Nord - Pas-de-Calais, et après des années de retard, tout le monde est en ordre de marche. Les bâtiments, que l’on doit à l’agence d’architectes japonaise Sanaa, sortent de terre. Situé dans ce qui sera un grand parc, le futur musée sera un ensemble de quadrilatères purs, habillés de verre ou de métal réfléchissant et doux. Une galerie du temps – déjà visible – côtoiera un pavillon de verre, pour les expositions temporaires, et un centre de réserves enfoui, mais offert aux regards des visiteurs.

Visite gratuite de la galerie  

Porté et financé à 59 % par la région Nord - Pas-de-Calais, le musée s’inscrit dans un mouvement de décentralisation des collections publiques. Tout comme le Centre Pompidou à Metz, il cherche à offrir une partie des grandes collections nationales aux yeux d’un public nouveau (700.000 personnes la première année, 500.000 en rythme de croisière). Longtemps, les conservateurs du Louvre ont bataillé pour dresser la liste des œuvres qui seront prêtées à Lens. Aujourd’hui, elle est établie mais tenue secrète, autant pour un banal effet de surprise – sans lequel il n’y a pas de grand projet – que pour éviter une éventuelle polémique. On sait que La Liberté guidant le peuple, immense tableau d’Eugène Delacroix, «fera» l’inauguration. Son emplacement, savamment pensé, est déjà prévu. La galerie du temps, grand rectangle en pente douce avec un éclairage zénithal, l’accueillera sur le mur du fond, afin que les regards le captent dès l’entrée. À côté de cette toile de 2,60 m, qui laissera un grand blanc à Paris, quoi donc? Des statues, des céramiques, des peintures, de quoi faire un minimusée universel. On promet un Botticelli, un Watteau, un Boilly, un Léonard de Vinci, un Poussin: autant de noms jetés dans une conversation, destinés à accréditer le fait que le Louvre Lens sera un lieu de chefs-d’œuvre. La Joconde, réclamée à cor et à cri par Daniel Percheron, président de la région, n’y sera pas, pas même une journée. «Elle est intransportable, tout comme la Victoire de Samothrace», répète Xavier Dectot, directeur du site.

En tout 900 œuvres – 250 pour la galerie, 70 pour le pavillon de verre, 200 pour les expositions, le reste pour les réserves - partiront dans le Nord, pour des durées de un à trois ans; «l’idée étant que la galerie se renouvelle régulièrement», souligne Xavier Dectot. La visite de la galerie sera gratuite, la première année, afin d’attirer le public des alentours. Si la décision a fait tiquer Henri Loyrette, elle a été fermement revendiquée par les élus; car ces derniers estiment que ce projet est porteur d’un double espoir, culturel et économique. Symboliquement, il prend d’ailleurs ses racines dans un ancien carreau de mine, terrain de fierté mais aussi de souffrance.


 80 œuvres de Versailles à Arras

À une demi-heure de route du Louvre Lens, un autre accord de décentralisation s’est tramé entre le Musée des beaux-arts d’Arras et le château de Versailles. Ce dernier s’est engagé à prêter des œuvres de sa collection au musée du Nord pendant dix ans. C’est un peu le «mariage miraculeux entre les soutiers de la France et le génie français», s’amuse le président de la région Nord – Pas-de-Calais, Daniel Percheron, qui veut faire prendre le virage de l’attractivité économique à sa région, qui a fortement souffert de la désindustrialisation. Les collections, visibles lors d’expositions de longue durée (de dix-huit à vingt-quatre mois), seront installées dans une aile de l’abbaye Saint-Vaast.

Une première exposition, intitulée «Roulez carrosses !», s’ouvrira le 17 mars 2012 pour une durée de dix-huit mois. Elle présentera 80 œuvres issues du château de Versailles, dont neuf carrosses extraordinaires et des tableaux comme L’Entrée de Louis XIV à Arras d’Adam Frans van der Meulen.

Le Grand Palais à Paris

La verrière du Grand Palais

Le Grand Palais des Champs-Elysées.

« Bâti in extrémis pour l’Exposition universelle de 1900, le Grand Palais constitue un tour de force architectural à la hauteur de l’ événement. Principal morceau de bravour, la gigantesque nef se déploie sous une verrière à structure métallique discrètement Art Nouveau ». Ainsi, débute le  H.S. n° 319 de Connaissance des Arts qui ajoute :

                          » Une Architecture de fête ».

Nous avons eu la chance et le plaisir d’y aller récemment pour les expositions Monet et Bulgari. L’exposition de Claude Monet primait bien sûr mais nous voulions absolument découvrir le Grand Palais depuis sa rénovation et la grande verrière.

Le Grand Palais est un lieu de fêtes. En 1892, la France est retenue pour organiser l’Exposition universelle de 1900. Le Palais de l’Industrie qui date de 1855, le Palais du Trocadéro malgré ses magnifiques jardins, sont estimés laids et disgracieux, ainsi que les palais construits pour l’exposition de 1889 (Centenaire de la Révolution française).

En 1894, un concours d’idées, fait valoir l’ouverture d’une avenue dans l’axe des Invalides et la construction du pont Alexandre III. En 1896, un concours est lancé pour la construction de deux palais des beaux-arts, de part et d’autre de la nouvelle avenue Nicolas II(aujourd’hui Winston-Churchill). Pour de multiples raisons, il fut décidé que le Petit Palais aurait une forme de trapèze, et le Grand Palais une forme en H.

Quatres architectes (tous Grand Prix de Rome) furent primés qui travaillèrent de concert. Le chantier débuta au printemps 1897 mais très vite on s’aperçut que les travaux se feraient en zone humide. On avait alors prévu 152 pieux de sapin alors qu’en réalité 3 400 pieux de chêne furent nécessaires, prenant appui sur la roche calcaire à 12 mètres de profondeur.

Une litanie de chiffres donnent une idée de l’ampleur des travaux : pour le corps principal, 17 000 mètres cubes de pierre, 10 000 mètres cubes de moellons, 2 millions de briques, 98  500 tonnes de métal de la verrière, 1 500 ouvriers (qui firent grève assez rapidement).

La nef : 205 mètres de long, 43,5 mètres de haut, une superficie au rez-de-chaussée de 13 500 mètres carrés. Une fois le seuil franchi, c’est la beauté et la légèreté qui dominent.

Les cririques d’alors comparent la construction à la gare de chemin de fer d’Orsay.

Le Grand Palais s’insère dans une composition urbaine comprenant son vis-à-vis, le Petit Palais, le pont Alexandre III et au loin l’Hôtel des Invalides.

Le décor se devait d’être à la hauteur, qui s’organise autour des allégories de Minerve protégeant les Arts et la Paix, dominant la façade principale. A leurs pieds, La révélation artistique et L’Inspiration encadrent les statues de L’Architecture, la Peinture, La Sculpture et  la Musique. Les Quadriges de Récipon, également auteur d’une partie des décors du pont Alexandre III, constituent le point d’orgue de ce corps principal. Représentant L’Harmonie triomphant de la Discorde et L’Immortalité devançant le Temps, ils prennent l’envol de leur chevauchée triomphante en direction des Invalides et des Champs-Elysées et défient ainsi la pesanteur de l’architecture.

Les deux longues frises tapissant les façades sous les portiques retracent les grandes étapes de l’histoire de l’art de l’Humanité, des Egyptiens aux Assyriens en passant par le Moyen-Âge et la Renaissance.

 

Les grands moments du Grand Palais :

          – L’Exposition universelle de 1900 : six mois d’exposition, 83 000 exposants, 50 millions de visiteurs, 7 millions de francs or de bénéfice. Le Grand Palais est dévolu aux beaux-arts, le Petit Palais aux arts décoratifs.

          – 1903,  premier Salon d’Automne des Indépendants

          – De 1901 à 1961, les Salons de l’automobile…tout ce qui roule avec ou sans moteur, des marques et des modèles les plus prestigieux aux plus simples ou inattendus.

          – De 1901 à 1957, les Concours hippiques. En 1957, le sol de la nef est bétonné.

          -De 1909 à 1951 : le Salon de l’aviation. En 1952, la verrière sera échangée contre le ciel du Bourget.

          – 1926 à 1960, le Salon des arts ménagers.

          – 1950 à 1960, le Salon de l’enfance.

          – 1914 à 1918, puis de 1939 à 1945. Pour la première guerre mondiale le Grand palais sera réquisitionné en centre d’accueil des troupes puis rapidement en hôpital militaire. Pour la seconde, la nef devient le garage de l’armée allemande, puis un stade de compétition sportive. A la Libération un obus met le feu à une partie du bâtiment et il faudra deux jours pour éteindre l’incendie.

          – 1937… Le Palais de la découverte.

          -  1966, Les Galeries Nationales sous l’impulsion d’André Malraux.

          – 1956,  La Biennale des Antiquaires

          – 1978, La foire internationnale d’Art Contemporain.

          – 2005, Etablissement public industriel et commercial. Le Grand Palais doit dégager des bénéfices. « Sil est ouvert, en matière culturelle à toute proposition, le Grand Palais doit rester la vitrine de l’excellence de la création française ».

Histoire d’un sauvetage :

 En 2000, sept ans après la fermeture de la grande nef, le Grand Palais semblait condamner à l’abandon. Des Travaux titanesques de restruration et de restauration d’un coût colossal ont, depuis lors, permis son sauvetage. Rouverte au public en 2005, la nef a retrouvé son faste.

En 1993, un rivet tombe sur une boite à couture présentée par Jean Paul Gaultier « Design, miroir du siècle ». On suspend à la verrière deux hectares de filets de protection.

Le 6 novembre 2000, Catherine Tasca classe le bâtiment Monument historique dans son intégralité. Il est sauvé de l’abandon er fera l’objet d’une remise à neuf complète. Deux grandes phases sont prévues.

Du fait d’autres travaux (RER, métro,  voies sur berges), le niveau de la nappe phréatique a été modifié, exposant à l’air libre les pieux en bois, qui soutiennent l’édifice et qui commençaient à pourrir. Le bâtiment commence à s’affaisser et bouge sensiblement. La torsion et les tensions fragilisent l’ossature de la structure qui n’a pas de joints de dilatation.. Des parois moulées sont réalisées et deux mille colonnes de ciment coulées sont nécessaires pour asseoir l’ensemble sur un sol calcaire dur à 20 mètres de profondeur (de 2001 à 2004). De nouveaux espaces sont aménagés en sous-sol.

 

La grande nef et la plus grande verrière d’Europe. En 2003, 600 tonnes d’acier sont remplacées sur les 6 000 que pèsent l’ossature. La sous-couche de minium de plomb est partout retirée, avant 3 nouvelles couches de peintures, dont la dernière en « réséda vert pâle », sa couleur d’origine.

Le tour de force est la restauration du dôme central : 54 vérins hydauliques sont nécessaires pour soulever de 2cm quelque mille tonnes…Après la restauration de la structure, la verrière pouvait être traitée. Le remplacement du vitrage par un verre feuilleté clair représente 14 500 mètres carrés pour la grande nef auxquel s’ajoutent les verrières latérales. Le campanile est entièrement refait.

Sur les toits, chéneaux en plomb, terrassons en zinc, ornementations en zinc estampé sont remplacés. Pour finir ceytte première tranche, le grand escalier d’honneur est rénové dans les matériaux et couleurs d’origine.

La seconde phase entre juin 2005 et janvier 2006, concerne les façades, l’ornementation et la confortation de certaines fondations sous la partie nord. Les plafonds sont décapés et badigeonnés au lait de chaux,  les 14 portes métalliques ornées, leurs huisseries sont restaurées. Plus de 11 000 éléments des décors du bâtiment  sont restaurés et traités. Les sculptures sont bouchées et traitées. Les sculptures en métal en 2007 ont eté déposées et traitées La grande frise extérieure en mosaïque  de 75 mètres, côté avenue Wiston-Churchill, de Louis-Edouard Fournier a été entoilée, nettoyée, refixée et scellée.

Le bas-relief en grès, avenue Franklin-Roossevelt, réalisé par la Manufacture de Sèvres a été totalement restauré.

 

101,36 millions d’euros ont été dépensés au cours des 2 phases de travaux.

Dès 2008 et pour 3 ans de travaux, la restauration sera poursuivie, et livrée en 2010. Il y a un problème de jauge, dans la grande nef qui limite sa fréquentation à 5 400 personnes, alors qu’elle pourrait en accueillir le double… à suivre.

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Quéribus, forteresse cathare

                         Queribus         Forteresse de Quéribus

 

Queribus

Quéribus, forteresse cathare.

 Quéribus est un château cathare, situé dans l’Aude, fièrement dressé sur un piton rocheux, à 728 mètres d’altitude, qui domine le massif des Corbières et la plaine du Roussillon. Du donjon, la vue est imprenable sur les Pyrénées, la mer Méditerranée, et le vignoble des Corbières. Le château est restauré depuis son classement en 1907 comme monument historique. Il fut cependant, plus ou moins abandonné depuis des siècles mais ce qui a été restauré donne un ensemble magnifique.

Il faut faire le voyage de Quéribus et si possible des autres hauts lieux de l’hérésie cathare : Carcassonne, Albi et les autres châteaux cathares (Lastour, Termes, Arques, Puivert, Montségur, Peyrepertuise, Aguilar, Puilaurens). Quéribus est un château dans un site exceptionnel, avec une vue vertigineuse  d’une beauté rare et qui conserve une puissance émotionnelle particulière due aux cathares qui furent la proie de l’Eglise catholique pendant un siècle et demi, sans répit jusqu’à leur disparition et avec une barbarie inouie.

Le nom de Quéribus apparait pour la première fois en 1021 dans le testament de Bernard Ier de Tallaferro, comte de Bésalu. Il devient forteresse royale en 1162.

L’hérésie cathare prend date au 12è siècle : il s’agissait pour les cathares d’un retour à l’église primitive des premiers temps du christianisme, avec le retour vers le sens de la pauvreté et la disparition de toute hiérarchie. Cela entraina une interprétation différente des écritures et le refus de la doctrine des Sept sacrements. Leur croyance reposait sur l’existence de deux mondes, le Bon, celui de Dieu le Père et le Mauvais celui du Diable.

Le Christ n’est pas le rédempteur des péchés mais l’envoyé du Père ; il ne reste qu’un seul sacrement, le consolamentum (consolation) ou baptème d’imposition des mains pratiqué par le Christ, le seul a apporter le Salut.

L’hérésie devient la cible des clercs catholiques, d’abord les cisterciens (le futur Saint Bernard vint en 1145, combattre les cathares dans le Toulousain puis au XIIè siècle des ordres mendiants (Dominicains et Franciscains).

En 1209, première croisade contre les cathares, la croisade des albigeois sous le commandement de Simon de Montfort avec le siège de Carcassonne.

En 1233, devant l’échec relatif des campagnes militaires, apparition d’une nouvelle institution judiciaire, confiée aux Dominicains, l’Inquisition dont l’efficacité contre les cathares fut redoutable.

En 1246, reddition de Montségur puni d’un bûcher impitoyable, qui marqua la fin de la croisade des Albigeois.

Pendant onze ans encore, Quéribus reçut des cathares, des parfaits. Benoit de Termes s’y réfugie sous l’autorité du chevalier Chabert de Barbaira qui fut contraint de céder devant Saint Louis en 1255.

L’arrestation des parfaits, Pierre et Jacques Authié en 1308 marque la fin de l’hérésie cathare en Languedoc.

Le bûcher du dernier parfait Guilhem Bélibaste en 1321 met un terme à l’hérésie cathare dans le midi.

Queribus devint une forteresse militaire jusqu’en 1659, date des nouvelles frontières de l’Espagne, repoussées aux Pyrénées.