Archives pour la catégorie Art en peinture

Rothko, la nouvelle idole de New York


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Orange, Red, Yellow, peinture à l’huile de Rothka été adjugé hier soir à New York à près de 87 millions de dollars par la maison Christie’s.

Ce peintre de la lumière, disparu en 1970, est devenu le peintre le plus cher de l’après-guerre avec une adjudication record à 87 millions de dollars, mardi soir, chez Christie’s à Manhattan.

coeur- dans Art en peintureRothko est la nouvelle icône de l’art du XXe siècle. D’un orange éclatant de lumière, le peintre américain mort par suicide en 1970 a battu tous les records, hier soir, chez Christie’s à New York, pour une oeuvre d’art de l’après-guerre. Dans une salle bondée à craquer, la toile de 1961, Orange, red and Yellow s’est envolée à près de 87 millions de dollars, après sept minutes de bataille intense entre quatre enchérisseurs au téléphone. Pour son extraordinaire fraîcheur et sa formidable provenance, elle a plus que doublé son estimation de 35 à 40 millions de dollars. Cette composition avait été acquise en 1967 par David Pincus, ex-président de Pincus Bros-Maxwell, disparu en 2011 à l’âge de 85 ans. Ce mécène passionné était bien connu des cercles artistiques pour avoir donné au Musée de Philadelphie quatre de ses vingt portraits de Jackie Kennedy par Andy Warhol. Jamais vu depuis, ce Rothko était la vedette de sa fabuleuse collection dérochée par Laura Paulson, directrice du département art contemporain chez Christie’s à New York. Celle-ci a dépassé toutes les espérances en totalisant 174, 94 millions de dollars, le plus haut montant atteint pour une collection d’art d’après-guerre.

Les amateurs ont montré qu’ils étaient près à payer très cher

 

Le marché n’avait pas vu un Rothko de cette qualité depuis celui de David Rockfeller vendu au prix record de 72, 8 milllions de dollars, en 2007 chez Sotheby’s. Le banquier avait alors acheté cette composition Jaune, rose et lilas sur rose pour seulement 10.000 dollars, dix ans après sa date d’exécution, en 1961, sur les recommandations de Dorothy Miller, la première directrice du Museum of Modern Art de New York. Par ses aplats à bords indécis posés en bandes de surfaces mouvantes, la toile de la collection Pincus avait cet équilibre parfait, lui conférant cette dimension spirituelle si caractéristique de l’artiste.

Après le record à près de 120 millions de dollars pour le Cri de Munch, la semaine dernière chez Sotheby’s, les amateurs ont montré qu’ils étaient près, à nouveau, à payer cher, très cher, des oeuvres iconiques de l’art du XX e siècle. D’autres artistes furent portés par l’élan de cette folle course aux records. La plupart avait également le pedigree de la collection Pincus comme Jackson Pollock, le roi du dripping avec Number 28, une toile de 1951 d’une force inouïe comme le marché n’avait depuis 1997 adjugée à 23 millions de dollars. Ou comme Barnett Newman avec Onement V, une toile de 1952 d’un bleu marine coupée en deux par son trait vertical ou «zip», signature de l’artiste, vendue au téléphone à 22,4 millions de dollars.

 

Klein n’a pas déçu avec une envolée à 36,4 millions de dollars pour FC1

 

Très attendu en cette date anniversaire du cinquantenaire de la mort de l’artiste niçois disparu prématurément à l’âge de 34 ans, Klein n’a pas déçu avec une envolée à 36,4 millions de dollars pour FC1 (Fire Color 1), une toile mythique de 1962, réalisée quelques semaines avant sa disparition. C’est l’une de ses œuvres ultimes les plus abouties, car elle possède toutes les inventions emblématiques créés par l’artiste, à savoir l’anthropométrie, la peinture de feu, le fameux monochrome bleu (IKB, International Klein Blue, breveté en 1960) et le pigment rose. Grâce à ce cocktail explosif, cet exceptionnel panneau de 3 mètres de long détrône MG9, une réalisation à la feuille d’or sur panneau, vendue 23,56 millions de dollars, en 2008 chez Sotheby’s.

Longtemps sous côté, Calder continue son irrésistible ascension. Un de ses mobiles de 1945, Lily of force, a pulvérisé son estimation à 18,5 millions de dollars, un record. L’intérêt pour Gerhard Richter depuis sa rétrospective à la Tate modern attendue dès le 6 juin au Centre Pompidou, n’a pas faibli. L’artiste allemand est bien parti pour atteindre peut-être un jour les sommets d’un Rothko. Dans les tonalités fortes de rouge, sa toile de 1993 a déclenché une formidable bataille entre cinq acheteurs potentiels. C’est Brett Gorvy, directeur monde pour Christie’s du dépatement contemporain qui emporta l’enchère à 21,8 millions de dollars au téléphone pour un client.

 

Christie’s d’hier soir qui totalise 388,5 millions de dollars pour 59 lots

 

Ce dernier se félicite du record historique de la vente de Christie’s d’hier soir qui totalise 388,5 millions de dollars pour 59 lots (95%en valeur et 90 % en lot). C’est son plus haut montant jamais atteint en art contemporain, toutefois derrière celui de Sotheby’s qui affiche 469, 8 millions de dollars, en 2008, lorsque son triptyque de Bacon venant de France s’était vendu au prix record de 86,3 millions de dollars. En 2011, la maison de François Pinault totalisait 301,6 millions de dollars pour 62 lots. Au creux de la crise, en mai 2009, celle-ci n’avait pas réussi à dépasser les 93,7 millions de dollars, soit plus de trois fois moins que son meilleur score de 384,7 millions de dollars, en 2008 . En pleine chute, hier, des bourses, on a dépassé les années du boom!

Artemisia, peintre énigmatique (1563-1654)

Artemisia, peintre énigmatique

Le Musée Maillol présente une cinquantaine de peintures de cette artiste redécouverte au XXe  siècle, sans lever toutes les zones d’ombre qui subsistent sur son œuvre

Madeleine (vers 1630), par Artemisia, «  véritable caméléon pictura l  ».

Rita R. R. and Marc A. Seidner Collection, Los Angeles

Madeleine (vers 1630), par Artemisia, «  véritable caméléon pictura l  ».

ARTEMISIA, 1563-1654

Au Musée Maillol, à Paris

Sur Artemisia, on a beaucoup écrit, trop peut-être. « Il y a matière à roman, mais pas à une biographie solide » , observe Roberto Contini, commissaire avec Francesco Solinas de l’exposition consacrée au Musée Maillol à l’artiste romaine. Fille du peintre Orazio Gentileschi, violée à 17 ans par le collaborateur de celui-ci, Agostino Tassi, ce qui donna lieu à un procès retentissant, elle est l’une des premières femmes peintres à avoir été célèbre en son temps, dans le sillage de Lavinia Fontana, une autre fille d’artiste. 

Pensionnée par Cosme II de Médicis, elle intègre la très masculine Academia del Disegno de Florence. Les grands d’Europe convoitent alors ses tableaux : Charles Ier d’Angleterre, Louis XIII ou Philippe IV en Espagne. Elle se lie avec Galilée, le peintre Simon Vouet, les compositeurs Claudio Monteverdi et Bellerofonte Castaldi. Et pose en joueuse de luth dans son Autoportrait , prêté par Minneapolis.

De nombreuses ombres perdurent cependant sur son parcours. Avant de s’installer à Naples où elle finira ses jours, sa présence est mentionnée à Venise, sans plus de précision. Fait troublant : aucun de ses dessins ne nous est jusqu’ici parvenu. 

Oubliée à partir du XVIIIe  siècle, cette figure n’a été redécouverte qu’à partir de 1916 par l’historien d’art Roberto Longhi. Et depuis, les débats n’en finissent pas autour des toiles supposées de sa main.

UN « VÉRITABLE CAMÉLÉON PICTURAL »

« La reconstruction de son œuvre n’en est qu’à ses débuts », admet Roberto Contini, qui a voulu exposer plusieurs tableaux de réattribution récente, comme ce Suzanne et les vieillards , exhumé des réserves du Musée de Bologne, restauré grâce à la fondation du Musée Maillol et pour la première fois présenté au public. Comme il présente aussi – découverte de 2011 – cinq des émouvantes lettres de la belle à son amant, le banquier Francesco Maria Maringhi.

L’ennui est qu’Artemisia, avoue ce commissaire, est un « véritable caméléon pictural », difficile à saisir. Certains chefs-d’œuvre incontestables comme la Judith et Holopherne du Musée di Capodimonte de Naples révèlent tout ce qu’elle a emprunté au Caravage, jusque dans la violence dramatique et les contrastes lumineux. 

Mais le décolleté généreux de Judith est une signature propre à la fille du Gentileschi. Artemisia, qui fut reconnue très tôt pour le naturalisme de ses nus féminins, n’hésitait pas à prendre elle-même la pose, par exemple pour cette impudique Cléopâtre qui lui ressemble fort.

Les broderies et dentelles d’or ciselées enveloppant la mystérieuse Dame assise (la princesse Savelli ?) comme dans une précieuse châsse sont une autre caractéristique récurrente de son style.

Mais comment démêler son pinceau de celui de son père dans certaines œuvres des débuts, telle cette Danaé , sosie d’une Cléopâtre attribuée par certains à Orazio ? 

Même trouble dans la période napolitaine où Artemisia, croulant sous les commandes, s’entoure de collaborateurs au risque d’affaiblir son art, comme dans ces deux Bethsabée au bain manifestement produites en série.

Jusqu’au 15 juillet. Rens. : 01.42.22.59.58 ou www.museemaillol.com

Sabine Gignoux, LaCroix.

119,9 millions de dollars pour « Le Cri » d’Edvard Munch

Le Point.fr – Publié le 03/05/2012 à 08:11

119,9 millions de dollars pour « Le Cri »

L’oeuvre d’art peinte par le Norvégien Munch en 1895 est devenue la plus chère jamais vendue aux enchères.

 

 Le Cri a été vendu aux enchères chez Sotheby's à New York.

 Par Judith Benhamou-Huet

Le tableau le plus cher du monde, vendu mercredi soir à New York chez Sotheby’s pour 119,9 millions de dollars, est un cri d’angoisse. Le Cri, peint en 1895 par le Norvégien Edvard Munch, représente une créature fantomatique à la bouche béante dans une nature tourmentée. Il a été adjugé pour cette somme exceptionnelle après 12 minutes d’une lutte acharnée d’enchérisseurs qui s’est terminée entre deux collectionneurs dont l’identité n’a pas été révélée.

Les spéculations à ce sujet allaient bon train dans la salle des ventes. La rumeur courait qu’il s’agirait d’un Russe en compétition avec un autre. Rien n’est cependant vérifié et Sotheby’s s’est refusé à tout commentaire sur l’acheteur. Un service de sécurité hors norme avait été mis en place autour du tableau. Interdiction de prendre des photos, obligation de porter un badge le soir de la vente pour pénétrer dans le bâtiment de Sotheby’s. Il faut dire que Le Cri est plus qu’un tableau, c’est une icône qui s’inscrit dans la mémoire collective dont il existe en fait quatre versions. Les trois autres appartiennent aujourd’hui à des musées d’Oslo. Deux d’entre elles ont fait l’objet, en 1994 et en 2004, d’un vol et ont été par la suite retrouvées.

Une image célèbre du patrimoine

Le précédent record aux enchères a été obtenu pour un Picasso à tonalité érotique de 1932 adjugé chez Christie’s en 2010 pour 106,4 millions de dollars. Cela ne signifie pas pour autant que Munch soit globalement une valeur plus prisée que Picasso. Les enchères de mercredi soir sont uniques dans leur genre par rapport au reste de la cote de l’artiste norvégien. D’ailleurs, le même soir, toujours chez Sotheby’s, un autre tableau de Munch, Nuit d’été, pourtant assez spectaculaire – il représente un couple isolé dans un paysage coloré – et estimé à 2,5 millions de dollars, est resté invendu. Pas d’acheteur à ce niveau de prix qui – toutes proportions gardées – était raisonnable.

C’est pour cela qu’on peut penser que l’heureux nouveau propriétaire a acheté plus encore qu’une oeuvre d’art exceptionnelle, une image parmi les plus célèbres du patrimoine mondial. À l’issue des enchères, le vendeur Petter Olsen, un armateur norvégien, a prononcé un discours dans lequel il soulignait que le produit de la vente serait utilisé à la création d’un musée pour le reste de la collection de Munch en sa possession. II a aussi tenu à préciser le caractère prémonitoire du Cri, qui, selon lui, annonce le manque de respect de l’homme vis-à-vis de la nature. Il est désormais courant que, lors de ventes très médiatiques, acheteurs ou vendeurs utilisent les enchères record comme un porte-voix pour faire passer leur message. Comme un cri promotionnel…

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Quand le Christ rencontre le Christ !

Le Point.fr – Publié le 30/04/2012 à 15:43 – Modifié le 30/04/2012 à 17:13

Quand le Christ rencontre le Christ !

Le musée Unterlinden de Colmar expose, à côté de son célèbre retable, une oeuvre d’Adel Abdessemed qui en est directement inspirée. Troublant !

 

 Quand le Christ rencontre le Christ ! dans Art en peinture fer

 Par Jérôme Béglé

Cinq cents ans séparent ces deux oeuvres. Le retable d’Issenheim, polyptyque germanique à double volet, est le chef-d’oeuvre de deux maîtres allemands du gothique tardif. En 1995, fraîchement arrivé de son Algérie natale, Adel Abdessemed, étudiant aux Beaux-Arts de Lyon, éprouve un choc marquant et déconcertant en découvrant cette oeuvre au musée Unterlinden de Colmar. S’il doit un jour représenter un Christ, ce sera celui de cette crucifixion, se promet-il alors. « Il m’a fallu quinze ans pour digérer la splendeur et la violence de ce chef-d’oeuvre, pour en saisir la complexité et enfin imaginer ce que ma propre sensibilité pourrait en faire. Ce Christ sacrifié incarnait pour moi le malheur de l’humanité tout entière. Il m’a toujours habité. »

 

Un anachronisme enrichissant

En 2010, il entrevoit enfin ce qu’un artiste contemporain, vivant dans une époque troublée, partagé entre son pays natal, celui qui l’a accueilli et l’Amérique du Nord, qui le considère comme une des valeurs montantes de l’art, peut faire de ce tableau symbolique. Deux ans de travail plus tard, voici « Décor », un ensemble de quatre Christ descendus de la croix du retable, dont l’esthétique, l’allure et le message sont autant d’hommage à l’oeuvre originale. Sans en être le décalque. Chaque statue respecte la taille et les proportions du modèle peint par Matthias Grünewald. Mais Adel a utilisé du fil de fer barbelé pour donner naissance au fils de Dieu. Un symbole qui rappelle les guerres de religion, les privations de liberté et les violences commises au nom des croyances des uns et des autres. L’artiste se garde bien de donner à ce « Décor » une symbolique excessive. « Si je m’étais contenté de trois Christ, on aurait fait le rapprochement avec les trois religions monothéistes », explique-t-il, visiblement troublé par la proximité de ces Christ et l’anachronisme volontaire provoqué par cette exposition.

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Une rencontre du 3e type orchestrée par François Pinault

Cet accrochage inédit est l’idée de François Pinault. En 2011, il repère ces sculptures dans la galerie David Zwirner, à New York. Admiratif du travail d’Abdessemed, dont il possède une vingtaine d’oeuvres, il l’acquiert et la transporte en France. Le collectionneur comprend bien vite que ce « Décor » livrera le meilleur de lui-même s’il dialogue avec son grand frère ! L’art n’est qu’une succession d’hommages rendus aux glorieux aînés. Les artistes qui marquent leur époque sont ceux qui comprennent qu’ils ne sont que des « nains juchés sur des géants », que l’on n’invente pas grand-chose soi-même, mais que l’on est le fruit d’influences et d’héritages, et que l’admiration est le meilleur des carburants pour faire tourner le moteur de la créativité.

Le musée Unterlinden de Colmar est l’un des plus riches de France. Il montre une fois encore que les chefs-d’oeuvre ne se concentrent pas que dans quelques établissements parisiens. Sa collection de primitifs rhénans, son cloître du XIIIe siècle ainsi que ses toiles d’art sacré attirent chaque année plus de 200 000 visiteurs. Jusqu’au 16 septembre, ceux-là ajouteront à ce parcours classique une étape plus contemporaine qui n’a rien d’un chemin de croix, mais peut ressembler à un baptême ou à une confirmation.

 Chapelle du musée Unterlinden, Colmar jusqu’au 16 septembre. 

 

 

 

L’incroyable trouvaille d’un brocanteur entre au Louvre

 

 

L'incroyable trouvaille d'un brocanteur entre au Louvre

Sa découverte, en Auvergne, d’un tableau datant de la fin du Moyen Âge lui fait gagner des millions d’euros. Le Louvre, acquéreur grâce au mécénat d’Axa, présente ce chef-d’œuvre des débuts de l’art français à partir du 3 mai prochain.

 «Ce christ de pitié soutenu par saint Jean et par deux anges», de Jean Malouel, a été découvert en 1985, alors couvert en partie d’une peinture verdâtre. CréditsL'incroyable trouvaille d'un brocanteur entre au Louvre dans Art en peinture coeur- photo : (C) RMN-GP (Musée du Louvre)…

« Sainte Anne » de Vinci : la polémique rebondit

Le Point.fr – Publié le 28/04/2012 à 16:11 – Modifié le 28/04/2012 à 16:41

« Sainte Anne » de Vinci : la polémique rebondit

Une spécialiste française de la restauration d’oeuvres d’art dénonce le non-respect du principe de précaution.

 

 À gauche : "Étude pour la tête de la Vierge" vers 1507-1510. À droite : octobre 2011, dans l'atelier des musées de France, la restauratrice Cinzia Pasquali ressuscite "La Vierge à l'enfant avec sainte Anne".

À gauche : « Étude pour la tête de la Vierge » vers 1507-1510. À droite : octobre 2011, dans l’atelier des musées de France, la restauratrice Cinzia Pasquali ressuscite « La Vierge à l’enfant avec sainte Anne ». © The Metropolitan Museum of Art – RNM – Stan Neumann

Source AFP

La polémique autour de la restauration de la Sainte Anne de Léonard de Vinci, qui semblait s’être apaisée, a recommencé avec les déclarations d’experts français affirmant que le Louvre était allé trop loin dans le nettoyage de ce chef-d’oeuvre. Fraîchement restaurée, La Vierge et l’enfant avec sainte Anne, peinture sur bois de la maturité de Léonard de Vinci (1452-1519), est présentée au public depuis un mois dans le cadre d’une exposition au Louvre. Jusqu’à présent, les commentaires étaient élogieux, les tenants d’une restauration plus modérée ne s’étant pas exprimés sur le résultat final.

 

Mais une spécialiste de la restauration des oeuvres d’art, Ségolène Bergeon Langle, a décidé de prendre la parole dans le Journal des arts de vendredi. « Pour moi, le principe de précaution n’a pas été respecté. Il faut se rendre à l’évidence, il y a moins de modelé dans le visage de la Vierge. Le nettoyage aurait dû aller moins loin », estime Ségolène Bergeon Langle, conservateur général du patrimoine, dans cette publication spécialisée. Ségolène Bergeon Langle avait déjà marqué son désaccord vis-à-vis de la conduite de la restauration de ce chef-d’oeuvre de Léonard en démissionnant le 20 décembre du comité scientifique international constitué par le Louvre autour de la Sainte Anne.

 

« Duretés non voulues »

 

Le Louvre s’est abstenu jusqu’à présent de tout commentaire sur les dernières déclarations de Ségolène Bergeon Langle. Jacques Franck, membre de cette commission consultative qui comptait une quinzaine de personnes, regrette lui aussi l’allègement des vernis « plus prononcé que prévu ». « Dans le délicat visage de sainte Anne, l’intervention a fait resurgir des duretés non voulues par Léonard, car il aimait les modelés subtils », a-t-il déclaré. « Jusque-là, le vernis blond atténuait ces défauts visuellement, donnant aux carnations un aspect enveloppé et moelleux. En effet, les couleurs se transforment en vieillissant et trahissent les intentions des peintres », indique cet expert du Centre d’études vinciennes Armand Hammer à l’université de Californie (Los Angeles). 

 

« Il a suffi d’enlever seulement quelques microns de vernis ancien (on est passé de 20 à 12 microns environ) pour que l’effet moelleux disparaisse dans cette zone. J’avais souhaité le maintien de 20 microns, mais je n’ai pas été écouté », poursuit Jacques Franck, qui a fait le choix de rester jusqu’au bout dans la commission. Un autre expert français, Jean-Pierre Cuzin, qui a dirigé le département des peintures du Louvre, avait quitté la commission dès l’automne, car il était mal à l’aise avec le principe du nettoyage. 

 

Restauration « prudente » ?

 

La restauration de la Sainte Anne a été menée par une restauratrice d’origine italienne, Cinzia Pasquali, assistée du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), dont les laboratoires et les ateliers se trouvent dans l’enceinte du palais du Louvre. Vincent Pomarède, directeur du département des peintures du Louvre, a assuré ces derniers mois avoir mené une restauration « prudente ». Il a indiqué avoir mis « le pied sur le frein » en permanence pour tempérer les ardeurs de certains membres anglais ou italiens de la commission.

 

De son côté, l’Association pour le respect de l’intégrité du patrimoine artistique (Aripa) critique « la thèse avancée dès 2009 par le C2RMF » selon laquelle la restauration de la Sainte Anne était rendue nécessaire par des micro-soulèvements de la couche picturale liés à la dégradation des vernis. « En fait, ce sont les mouvements du bois qui étaient responsables de ces micro-soulèvements », déclare Michel Favre-Félix, président de l’Aripa. « On a soigné la peinture pour une maladie qu’elle n’avait pas », estime-t-il.

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Yves Klein, tout bleu tout flamme

Le Point – Publié le 05/04/2012 à 00:00

Yves Klein, tout bleu tout flamme

Testament de Klein, son oeuvre « FC1″ (« Feu coloré n° 1″) est mise en vente pour une somme record.

"FC1" d'Yves Klein, sera visible le 6 avril au siège parisien de la maison de ventes (www.christies.com).

« FC1″ d’Yves Klein, sera visible le 6 avril au siège parisien de la maison de ventes (www.christies.com). © Courtesy Fondation Yves Klein/Christie’s

Deux belles femmes nues se meuvent avec grâce, comme dans un tableau de la Renaissance. Et soudain, devant la caméra, enduisent leur chair désirable, ventre, cuisses, d’une teinte épaisse, d’un bleu caractéristique. Les créatures se dirigent ensuite vers un panneau blanc, contre lequel elles appliquent leur corps coloré. Un peu plus tard, toujours nues, mais couvertes d’eau, elles apposent leur silhouette contre la même paroi. Quel est cet étrange rituel ? Un homme, visiblement maître de cérémonie, empoigne un chalumeau géant et arrose de feu les traces laissées par les créatures…

 

De ce spectacle du troisième type il reste un film (1) et une relique sur carton de 3 mètres de longueur. Un panneau sur lequel elles ont laissé, par le bleu comme par le feu, la trace de leurs formes en mouvement. Il s’agit d’une oeuvre d’art dont l’auteur est la comète de l’art contemporain français Yves Klein (1928-1962). L’homme est resté dans la mémoire collective comme l’inventeur de ce bleu poudreux, fameux, l’International Klein Blue (IKB). Ses visions étaient infinies, ses désirs mystiques et sa création en perpétuel renouvellement. Il imagina donc ces femmes-pinceaux animées par une chorégraphie de son invention, qui pouvait s’accompagner d’un orchestre symphonique. Klein confiait alors : « Un jour, j’ai compris que mes mains, mes outils de travail pour manier la couleur ne suffisaient plus. C’était le modèle lui-même qu’il me fallait pour peindre la toile monochrome… Non, ce n’était pas de la folie érotique ! c’était encore plus beau (…) Dès que le tableau était terminé, mon modèle prenait un bain. Je ne les ai jamais touchés (…) Mes pinceaux étaient vivants et téléguidés. » En 1961, assisté d’un pompier, Klein apprit à maîtriser le feu au centre d’essais de Gaz de France pour faire de flammes surpuissantes un pinceau d’un genre nouveau.

 

Acte historique

 

Nous avons retrouvé un des deux modèles. Elena Palombo, qui fera par la suite une brillante carrière d’interprète, avait rencontré Klein à Nice alors qu’elle était jeune fille au pair dans la famille d’un autre artiste, Arman. À cinquante ans de distance, elle regarde la performance avec une incroyable simplicité : « Yves était un vieux copain et la chose était normale pour moi. Peut-être parce que j’avais l’habitude de la scène. Je faisais beaucoup de danse à l’époque. Nous étions là pour faire un travail précis. Yves avait des idées très claires sur ce qu’il voulait. »

 

Comme toutes les oeuvres de Klein, ce carton géant a été baptisé d’initiales : FC1 pour Feu coloré n° 1. Il a été réalisé au printemps de l’année 1962 et le peintre est mort la même année au mois de juin. Sa veuve, l’artiste allemande Rotraut, qui était alors enceinte de leur enfant, en parle comme d’un chef-d’oeuvre absolu. « À revoir les photos où je semble recroquevillée dans un coin, assise enceinte de quatre ou cinq mois, l’atmosphère était tendue, nous avions tous conscience d’assister à un acte historique », confie-t-elle.

 

Chaman de l’art contemporain, Klein croyait en une espèce de force céleste. Souffler le feu pour obtenir la forme, c’est revivre l’origine du monde, lorsque Dieu souffla sur la côte d’Adam pour créer Ève. Mais, à force de jouer avec le chaud, l’homme fut envahi par le froid, définitivement. En ce jour de juin 1962, il tomba foudroyé par une crise cardiaque. En huit ans de carrière, animé par un feu sacré, il avait réussi à créer 1 200 oeuvres, dont celle-ci, en forme de testament, qui trouvera un nouveau propriétaire dans quelques jours.

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Par JUDITH BENHAMOU-HUET

 

1. DVD La révolution bleue (RMN, 19,95 euros).

 

Une oeuvre à 30 millions de dollars

Sur le marché de l’art international, Yves Klein est une star. En 2008, un monochrome or a obtenu le prix le plus élevé pour une oeuvre d’art contemporain française : 21 millions de dollars. Au dire des spécialistes, FC1 (ci-dessus, 141 x 299,7 cm, 1961) est encore plus remarquable. D’abord par son format, mais aussi parce que cette oeuvre rassemble – unique exemple du genre – les techniques de l’anthropométrie (usage des corps peints) et du feu (passage d’un chalumeau géant après que le carton a été imbibé de l’eau qui couvrait le corps des femmes). Christie’s annonce une estimation colossale de 30 millions de dollars. La vente aura lieu le 8 mai à New York, maisFC1 sera visible le 6 avril au siège parisien de la maison de ventes (www.christies.com).

 

 

Cima da Conegliano (un des principaux maîtres de la Renaissance vénitienne) au palais du Luxembourg)

http://www.lepoint.fr/culture/cima-da-conegliano-le-souffle-de-la-renaissance-venitienne-08-04-2012-1449548_3.php

150è anniversaire de la naissance de Gustav Klimt

LaCroix.fr

Klimt, de très près

Vienne célèbre l’auteur du  Baiser    et de la  Frise Beethoven   à travers des dizaines de manifestations tout au long de l’année 2012.

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Elles portent un regard renouvelé sur la personnalité de l’homme et l’évolution de l’artiste qui connut les derniers feux de l’Empire austro-hongrois.

Durant les vingt années que dura leur relation, Gustav Klimt (1862-1918) écrivit presque chaque jour – et parfois plusieurs fois par jour – à Emilie Flöge, sa muse certainement, sa maîtresse sans doute. Au Musée Leopold, haut lieu de l’art à Vienne qui consacre une exposition à « Klimt en privé », 400 cartes postales de la main du peintre déroulent une longue guirlande intime, plongée dans le quotidien d’une vie de créateur. 

Toutes commencent par un « Liebe Emilie ! », « Chère Emilie ou Emilie chérie… »,  pour enchaîner sur des considérations en tous genres. Ici, de Paris où il séjourne, Klimt déplore de ne pas croiser davantage de femmes élégantes dans les rues de la capitale. Là, dans sa retraite lacustre bien-aimée du Salzkammergut, il confie quelques impressions atmosphériques et livre les bribes d’une conversation avec un visiteur de passage…

Pour fêter le 150   e     anniversaire de sa naissance, Vienne consacre un dispositif impressionnant à son « grand homme ». Depuis l’année Mozart en 2006, on n’avait pas vu tel déploiement de manifestations. Elles célèbrent le chef de file de la Sécession, ce mouvement qui, en 1897, rompit avec l’art officiel promu par l’empereur François-Joseph et la bonne société autrichienne mais jugé rétrograde et sans imagination par ces jeunes lions de la peinture, de l’architecture et des arts décoratifs. « À chaque époque son art, à l’art sa liberté »,  telle était la devise de Gustav Klimt, Otto Wagner, Joseph Hoffmann, Koloman Moser…

 

Restauration de « La Sainte Anne  » de Vinci au Louvre. Étonnant !

Cliquer sur le lien suivant :

 

http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Actualite/La-Sainte-Anne-un-chef-d-oeuvre-rehabilite-_NG_-2012-03-29-783278