Orange, Red, Yellow, peinture à l’huile de Rothka été adjugé hier soir à New York à près de 87 millions de dollars par la maison Christie’s.
Ce peintre de la lumière, disparu en 1970, est devenu le peintre le plus cher de l’après-guerre avec une adjudication record à 87 millions de dollars, mardi soir, chez Christie’s à Manhattan.
Les amateurs ont montré qu’ils étaient près à payer très cher
Le marché n’avait pas vu un Rothko de cette qualité depuis celui de David Rockfeller vendu au prix record de 72, 8 milllions de dollars, en 2007 chez Sotheby’s. Le banquier avait alors acheté cette composition Jaune, rose et lilas sur rose pour seulement 10.000 dollars, dix ans après sa date d’exécution, en 1961, sur les recommandations de Dorothy Miller, la première directrice du Museum of Modern Art de New York. Par ses aplats à bords indécis posés en bandes de surfaces mouvantes, la toile de la collection Pincus avait cet équilibre parfait, lui conférant cette dimension spirituelle si caractéristique de l’artiste.
Après le record à près de 120 millions de dollars pour le Cri de Munch, la semaine dernière chez Sotheby’s, les amateurs ont montré qu’ils étaient près, à nouveau, à payer cher, très cher, des oeuvres iconiques de l’art du XX e siècle. D’autres artistes furent portés par l’élan de cette folle course aux records. La plupart avait également le pedigree de la collection Pincus comme Jackson Pollock, le roi du dripping avec Number 28, une toile de 1951 d’une force inouïe comme le marché n’avait depuis 1997 adjugée à 23 millions de dollars. Ou comme Barnett Newman avec Onement V, une toile de 1952 d’un bleu marine coupée en deux par son trait vertical ou «zip», signature de l’artiste, vendue au téléphone à 22,4 millions de dollars.
Klein n’a pas déçu avec une envolée à 36,4 millions de dollars pour FC1
Très attendu en cette date anniversaire du cinquantenaire de la mort de l’artiste niçois disparu prématurément à l’âge de 34 ans, Klein n’a pas déçu avec une envolée à 36,4 millions de dollars pour FC1 (Fire Color 1), une toile mythique de 1962, réalisée quelques semaines avant sa disparition. C’est l’une de ses œuvres ultimes les plus abouties, car elle possède toutes les inventions emblématiques créés par l’artiste, à savoir l’anthropométrie, la peinture de feu, le fameux monochrome bleu (IKB, International Klein Blue, breveté en 1960) et le pigment rose. Grâce à ce cocktail explosif, cet exceptionnel panneau de 3 mètres de long détrône MG9, une réalisation à la feuille d’or sur panneau, vendue 23,56 millions de dollars, en 2008 chez Sotheby’s.
Longtemps sous côté, Calder continue son irrésistible ascension. Un de ses mobiles de 1945, Lily of force, a pulvérisé son estimation à 18,5 millions de dollars, un record. L’intérêt pour Gerhard Richter depuis sa rétrospective à la Tate modern attendue dès le 6 juin au Centre Pompidou, n’a pas faibli. L’artiste allemand est bien parti pour atteindre peut-être un jour les sommets d’un Rothko. Dans les tonalités fortes de rouge, sa toile de 1993 a déclenché une formidable bataille entre cinq acheteurs potentiels. C’est Brett Gorvy, directeur monde pour Christie’s du dépatement contemporain qui emporta l’enchère à 21,8 millions de dollars au téléphone pour un client.
Christie’s d’hier soir qui totalise 388,5 millions de dollars pour 59 lots
Ce dernier se félicite du record historique de la vente de Christie’s d’hier soir qui totalise 388,5 millions de dollars pour 59 lots (95%en valeur et 90 % en lot). C’est son plus haut montant jamais atteint en art contemporain, toutefois derrière celui de Sotheby’s qui affiche 469, 8 millions de dollars, en 2008, lorsque son triptyque de Bacon venant de France s’était vendu au prix record de 86,3 millions de dollars. En 2011, la maison de François Pinault totalisait 301,6 millions de dollars pour 62 lots. Au creux de la crise, en mai 2009, celle-ci n’avait pas réussi à dépasser les 93,7 millions de dollars, soit plus de trois fois moins que son meilleur score de 384,7 millions de dollars, en 2008 . En pleine chute, hier, des bourses, on a dépassé les années du boom!










