I- Chant du monde est un ensemble de dix panneaux de tapisseries créées par Jean Lurçat. Commencé en 1957, c’est le plus grand ensemble contemporain de tapisseries (80 mètres de long sur 4,50 m de haut).
Il est exposé au Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, situé dans l’ancien Hôpital Saint-Jean à Angers
En 1937, Jean Lurçat découvre la Tenture de l’Apocalypse, immense ensemble tissée pour Louis Ier d’Anjou au XIVe siècle, exposée au château du roi René à Angers. Bouleversé par ce qu’il considère comme l’un des plus hauts chefs-d’œuvre de l’art occidental, il entreprend alors le Chant du Monde, réplique moderne de l’Apocalypse.
Jean Lurçat, tantôt angoissé par les menaces qui pèsent sur notre monde, tantôt emporté par la confiance qu’il porte à l’homme, utilise son langage des formes, des rythmes et des couleurs pour transmettre son message tout au long de cet ensemble de dix tapisseries. Jean Lurçat considérait que Le Chant du monde était pour lui la « table des matières d’une existence », fiel et miel mêlés.
Chant du Monde a été exposé à Paris, en Allemagne, Belgique, Montréal, San Francisco, et en décembre 1998, au Japon.
Thème des panneaux
Les dix panneaux de tapisserie évoluent progressivement de la destruction à la vie. Jean Lurçat met en scène la Mort, la bombe atomique, le drame d’Hiroshima (ensembles La grande Menace, l’Homme d’Hiroshima, le Grand Charnier, la Fin de Tout), pour célébrer ensuite l’harmonie avec la création, l’intelligence humaine à la conquête de l’espace, et conclure par une ôde à la poésie (ensembles L’Homme en Gloire, La Conquête de l’Espace, Champagne, la Poésie).

Le chant du monde (abeilles, lion)
II- La tenture de l’Apocalypse (ou les tapisseries de l’Apocalypse, ou encore l’Apocalypse d’Angers) est une représentation de l’Apocalypse de Jean réalisée à la fin du XIVe siècle. L’ensemble, initialement composé de sept pièces, dont six sont conservées, est exposé à Angers, dans le musée de la Tapisserie de l’Apocalypse situé dans une très longue galerie du château d’Angers.Le sujet de la tenture de l’Apocalypse s’inspire de manuscrits à miniatures illustrant le texte de l’Apocalypse de Jean, d’après des cartons de Hennequin de Bruges, peintre attitré du roi de France Charles V. C’est le plus important ensemble de tapisseries médiévales existant au monde.Cette monumentale tenture à usage princier, utilisée pour des occasions solennelles, fut commandée entre 1373 et 1377 au marchand lissier Nicolas Bataille pour le duc Louis Ier d’Anjou. Elle fut vraisemblablement fabriquée à Paris, par Robert Poisson, dans les ateliers de Nicolas Bataille d’après les cartons de Hennequin de Bruges (connu également sous le nom de Jean de Bruges). On date son achèvement aux alentours de 1382. Elle fut donnée par le roi René à la cathédrale d’Angers au XVe siècle.
Pour la chaîne et la trame, c’est la laine qui fut employée. Laine aux couleurs vives, teinte à l’aide de colorants végétaux, comme la gaude pour la gamme des jaunes, la garance pour les rouges et le pastel pour les bleus. Cette tapisserie est réversible : le revers est identique à l’avers, ce qui témoigne de la virtuosité des tisseurs.
L’œuvre marque un tournant dans l’art de la tapisserie, puisqu’ après cette Apocalypse une importante production de tentures historiées, religieuses ou profanes, est attestée en Europe.
À la fin du XVIIIe siècle et au début XIXe siècle, la tenture subit d’importants dommages ; elle est en effet utilisée pour servir de couvertures, de protection pour les arbres en hiver… L’œuvre actuellement visible est amputée : sur les 140 mètres de sa longueur d’origine, seuls une centaine sont aujourd’hui visibles. Donnée par le roi René (dernier duc d’Anjou) au chapitre de la cathédrale Saint-Maurice, elle faisait partie du trésor de celle-ci. Lorsqu’elle n’était pas présentée dans la nef, elle était conservée dans des coffres, roulée sur elle même. C’est donc la dernière partie de la tapisserie qui a le plus souffert : Les ensembles 5 et 6. Heureusement elle sera mise à l’abri puis restaurée, notamment grâce à l’aide du chanoine Joubert vers 1843 et 1870.
De 1954 à 1956, on construit pour l’accueillir une galerie au château d’Angers. Cette galerie a été modifiée en 1998, car elle présentait de larges baies vitrées qui laissaient pénétrer la lumière du soleil et celle de la lune, ce qui dégrada énormément les couleurs. Aujourd’hui la tenture est conservée dans un lieu sombre, à une température constante, pour mieux la protéger.
Les thèmes de la tapisserie :
Sur les sept pièces d’origine, six nous sont parvenues. Cet ensemble, présenté au château d’Angers dans un espace muséographique prévu à cet effet, mesure 103 mètres de long sur environ 4,5 mètres de haut. Les 6 pièces comportent, pour les deux qui sont complètes, 14 tableaux où alternent des fonds rouges et des fonds bleus et répartis sur deux niveaux. En tête de chaque pièce, un personnage sous un baldaquin introduit le spectateur à la lecture allégorique des visions que Jean aurait reçues à la fin du Ier siècle. En plus d’une illustration du texte de saint Jean, la tapisserie contient des informations (parfois des clins d’œil) sur la vie politique et sociale du XIVe siècle.
En italique les pièces disparues ou dont on ne conserve qu’un fragment.

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