Archives pour la catégorie Art photographique

Le Paris d’autrefois ou les cris d’Eugène Atjet (1857-1927) au musée Carnavalet

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Les chiffonniers de Paris – Eugène Atget (1857-1927)

Les chiffonniers de Paris - Eugène Atget (1857-1927) dans Art photographique 459

Les chiffonniers de Paris

Photographie de Walker Evans (1903-1975)

Walker Evans Sons of American Legion

Sons of American Legion (Bethlehem, PA, 1935).  From left to right, the boys facing out represent a motley crew of characters:  the serious one, the wisecracker, the impatient one, and the slow one.  Less than ten years later they would be marching off to war and would become the Greatest Generation.

La Havane à Cuba – Walker Evans (1903-1975)

La Havane à Cuba - Walker Evans (1903-1975) dans Art photographique Walker-Evans-00

Helen Levitt (1913-2009)

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Helen Levitt, photographe des enfants des rues de NY. Photo du miroir brisé

Helmut Newton (1920-2004) photographe

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Bergstrom, au dessus de Paris, Paris, 1976

Photographies d’Helmut Newton (1920-2004)

Classique, la marque Hermes devient sauvage dans l'objectif d'Helmut Newton.

Quand la marque Hermès devient sauvage

L’Amérique photographiée par Walker Evans (1903-1975)

L'Amérique photographiée par Walker Evans (1903-1975) dans Art photographique 8c52415u

Exposition du photographe Eugène Atget (1857-1927) au musée Carnavalet

 

Le photographe Eugène Atget, témoin amoureux du vieux Paris

Le Musée Carnavalet présente l’œuvre parisienne d’Eugène Atget (1857-1927) dans une exposition à la fois didactique et thématique.

 

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230 épreuves sont exposées, dont une partie inédites, réalisées à Paris entre 1898 et 1927.

L’occasion, jusqu’au 29 juillet, de replonger dans l’œuvre de l’un des pères fondateurs de la photographie moderne.

 Eugène Atget  

 Musée Carnavalet, Paris  

Après Madrid et Rotterdam, avant Sydney, l’exposition « Eugène Atget, Paris » fait escale au Musée Carnavalet. Figure majeure de l’histoire de la photographie, Eugène Atget (1857-1927) est chez lui à Paris, ce port d’attache qui fut le motif quasi unique de son œuvre. Il est chez lui aussi au Musée Carnavalet, qui fut l’un de ses principaux clients, comme en témoignent les tirages présentés et sélectionnés, pour la plupart parmi les neuf mille épreuves que compte la collection, par Françoise Raynaud, conservatrice et co-commissaire de l’exposition.

  La rétrospective consacrée à Berenice Abbott (1898-1991) au Jeu de paume donna dernièrement l’occasion de croiser la silhouette massive d’Eugène Atget photographié par l’Américaine en 1927 à Paris. Ce fut aussi l’occasion de comprendre le rôle joué par Abbott dans la promotion de l’œuvre de celui qu’elle considérait comme un maître, et dont elle acheta des milliers de clichés en 1928 avant de rentrer aux États-Unis.

Didactique et thématique, l’exposition « Eugène Atget, Paris » permet aujourd’hui de saisir pourquoi la jeune Américaine vit en lui le père de la modernité photographique. Netteté impeccable, sens de la distance juste, équilibre de la composition… Cette œuvre fondée sur un projet documentaire revendiqué témoigne en effet aussi de qualités artistiques incontestables.

SCÈNES DE LA VIE QUOTIDIENNE

 « Paysages-documents », « Environs », « Paris pittoresque », « L’Art dans le vieux Paris », « Topographies du vieux Paris » … Eugène Atget travaille en séries, et, sans l’épuiser, accumule les clichés sur un même thème dans l’objectif de garder la mémoire des lieux et des formes d’un « vieux Paris » menacé par les visées haussmanniennes. 

Ceux que peuvent rebuter ses clichés frontaux répertoriant les boutiques et les cabarets, les rues et les cours désertes, les motifs décoratifs de heurtoirs, portes, fontaines, ou de rampes d’escalier, s’intéresseront plutôt à ses inventaires de véhicules parisiens : voitures de blanchisserie, d’arrosage municipal, de livraison de charbon, char de pompes funèbres, tramway. Ou encore à ses portraits de petits vendeurs ambulants, marchands de moulages, de parapluies, d’abat-jour, de jouets, de frites, de mouron et autres herbes, qui firent l’objet d’une édition de cartes postales en 1897.

Ses scènes de la vie quotidienne à la Belle Époque aiguisent aussi la curiosité : déménagement sur le boulevard Saint-Michel, promeneurs sur l’avenue des Gobelins, fillette dans une voiture tirée par des chèvres au Jardin du Luxembourg, enfants médusés par Guignol, jeu de la ficelle rue Broca un jour de 14-Juillet… 

Et ses photographies donnent une bonne idée de ce qu’était cette zone très particulière des fortifications, ce « no man’s land » ceinturant Paris où les chiffonniers, les zoniers et les marginaux entassaient leur nombreuse progéniture dans des roulottes ou des cabanes de fortune, tandis que d’autres venaient s’y encanailler dans les guinguettes ou y pique-niquer le dimanche.

INTÉRÊT SOCIOLOGIQUE

La richesse esthétique de l’œuvre se double donc d’un véritable intérêt sociologique, comme le montrent également ces vues d’intérieurs parisiens permettant de découvrir ce qu’étaient les appartements d’un ouvrier, d’un employé aux magasins du Louvre, ou encore d’une sociétaire de la Comédie-Française. Voire celui d’un artiste dramatique… qui n’est autre que le domicile d’Atget lui-même, situé au 17 bis rue Campagne-Première, dans le 14e  arrondissement ! 

Après tout, ne fut-il pas, lui-même, acteur de « troisièmes rôles » avant de se consacrer à la photographie professionnelle à partir de 1890 ? Il pose alors une plaque « Documents pour artistes »  sur sa porte, et se lance dans la réalisation de clichés pour servir de motifs aux peintres et aux artisans…

Eugène Atget fut fidèle toute sa vie à cette chambre photographique à soufflet et à plaques 18×24 cm posée sur un trépied, dont on peut apercevoir le reflet, ainsi que celui du photographe, dans certaines de ses images tirées par contact sur papier albuminé à l’or. 

Outre le Musée Carnavalet, de nombreuses institutions parisiennes comme la Bibliothèque nationale (collection de 4 000 tirages) ou les Beaux-Arts (2 000 négatifs) achetèrent ses images dans un but historique et documentaire. Peu avant sa mort, dans une lettre adressée au ministre de la culture de l’époque, Eugène Atget, qui s’inquiète de l’avenir de son œuvre, écrit : « Cette énorme collection, artistique et documentaire, est aujourd’hui terminée. Je puis dire que je possède tout le vieux Paris. »  

Catalogue Gallimard, 348 p., 45 €

ARMELLE CANITROT


Pendant la grande dépression de 1929 aux États-Unis – Walker Evans (1903-1975)

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