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Le docteur Dukan a été radié à sa demande de l’Ordre des médecins. Inscrit comme retraité en automne dernier, le célèbre nutritionniste a été radié, à sa demande, le 19 avril. Les poursuites disciplinaires, engagées contre lui, sont toutefois maintenues.

Le Dr Pierre Dukan, à l’origine d’un business de coaching et produits dérivés autour de sa méthode controversée pour maigrir, fait l’objet de plaintes de l’Ordre des médecins.

L’affaire Dukan tourne à plein régime. Son livre « Je ne sais pas maigrir », paru en 2000, s’est vendu à 4,5 millionsd’exemplaires en France, près de 5 millions à l’étranger, et vient tout juste de sortir en Chine. En 2010, ses trois ouvrages se sont retrouvés dans le top 10 des meilleures ventes de l’année. Mais le docteur, en promotion aux Etats-Unis pour la sortie de ses recettes  »Dukan Diet Cookbook », se trouve désormais attaqué en justice par l’Ordre national et l’ordre départemental des médecins de Paris.
L’Ordre reproche au septuagénaire d’avoir manqué de prudence dans ses propos, tout en faisant sa promotion personnelle, et d’exercer la médecine comme un commerce. Des manquements, selon eux, au Code de déontologie médical. Les sanctions oscillent entre le blâme et la radiation. Rappelons qu’une condamnation du praticien, retraité, risquerait essentiellement de ternir son image de marque.Un régime protéiné dangereux ? 
D’autre part, dans « Lettre ouverte au futur président », sa proposition d’une option « poids d’équilibre » au bac, a pesé lourd dans l’action de ses confrères. Celle-ci permettait aux élèves de gagner des points à condition de ne pas avoir grossi lors des deux dernières années. Pour le ministère de l’Education nationale, le Dr Dukan a « fait de la discrimination physique sans le savoir ». Tandis que pour l’Ordre, il n’aurait pas mesuré les répercussions sur les jeunes, anorexiques ou en surpoids. En juillet dernier déjà, le Dr Dukan avait perdu le procès en diffamation engagé à l’encontre du Dr Jean-Michel Cohen, qui l’avait vivement critiqué sur les dangers que représentait son régime à base de protéines. Même son de cloche du côté de l’Anses (Agence sanitaire de l’Alimentation), qui a alerté sur les dangers de ses différentes méthodes pour les reins des patients. Mais de là à affirmer que la balance commerciale de l’affaire Dukan ne sera bientôt plus excédentaire… 
Prenez le Metro de l’actu sur Facebook  et Twitter Le journal LaCroix, précise, ce matin, que le Docteur Dukan a pris les devants et a demandé sa radiation de l’Ordre des médecins, coupant ainsi une partie de l’herbe sous les pieds de la juridiction ordinale, corporation à visée exclusivement disciplinaire. Ses droits d’auteur  mettent le Docteur Dukan à l’abri. L’Ordre tout puissant par le fait de juristes conseils professionnels à sa botte se retrouve Gros-Jean comme devant.

Le syndrome de Protée

Le syndrome de Protée

 Le syndrome de Protée dans Médecine

 

« Le syndrome de Protée La liste est longue lorsqu’on parle de maladies rares. Toutefois, le choix s’est arrêté, pour cet article, sur le syndrome de Protée. Cela vous dit quelque chose? Fort probable pour ceux qui ont déjà vu ou lu sur Joseph Merrick également appelé «l’homme éléphant». En effet, atteint de cette maladie inconnue à l’époque, cet homme a su inspiré « … », réalisateur du film relatant la vie de M. Merrick. Enfin, essayons de  découvrir cette maladie mystérieuse dont on entend rarement parlé.

Introduction

Touchant environ 1 personne sur un million, cette maladie se manifeste dès l’enfance et présente de nombreux signes physiques permettant de l’identifier. En effet, on caractérise le syndrome de Protée par une croissance excessive et anormale de multiples tissus avec distribution en mosaïque des lésions. On entend par croissance excessive, des malformations ou disproportions des tissus et des membres, des anomalies vertébrales, qu’une répartition anormale des graisses. Le problème qui se pose face à ces nombreux signes cliniques est qu’ils peuvent varier d’un patient à un autre. Subséquemment, de nombreux diagnostics erronés peuvent se succéder avant qu’on puisse correctement identifier la cause de ces symptômes.

Les causes de la maladie

Le syndrome est individualisé pour la première fois en 19761 mais n’est nommé ainsi qu’en 19832.

Joseph Merrick, connu sous le surnom de l’homme éléphant, était très probablement porteur de cette pathologie et non pas de la maladie de Recklinghausen, ni de l’éléphantiasis. Des tests ADN récents le prouveraient3,4,5, comme les recherches le soupçonnaient depuis longtemps, peut-être combinée à la maladie de Recklinghausen.

Il s’agit d’un cas de mosaïque où le génome des lésions (hamartome) est différent de celui du tissu normal chez le même sujet. Une mutation sur l’oncogène AKT1 est retrouvée uniquement dans le tissu des lésions6.

Bien que certaines particularités du syndrome porte à croire qu’il pourrait être causé par l’altération d’un gène porté par des cellules somatiques, rien n’a pu encore être confirmé. L’hypothèse qui semble à ce jour le plus probable est celle de Happle qui suggère que des gènes autosomiques létaux seraient incapables de survivre sous une forme normale, mais uniquement sous forme de mosaïques. Cela pourrait expliquer la répartition asymétrique et éparpillée des lésions sur différents organes. En ce qui a trait à l’hérédité, on n’a, jusqu’à maintenant, trouvé aucune trace parentale dans les différents cas observés.

Les individus à risque

On constate que c’est du côté de l’homme qu’on dénombre le plus de cas touché par cette maladie. Les femmes ne sont toutefois pas à l’abri et peuvent aussi en être atteinte.

 Le suivi

Comme il a été mentionné précédemment, il est difficile de porter un diagnostic exact puisque les symptômes reliés à cette maladie sont très variables d’un individu à l’autre. Toutefois, dans la mesure où les critères diagnostiques ont été respectés et que les signes ont été bien évalués par rapport à d’autres syndromes ou maladies, la prise en charge du patient peut être faite efficacement. Il est alors possible, à ce moment là, de faire intervenir différents spécialistes qui assureront le bon fonctionnement des divers organes touchés par la maladie. Les médecins doivent nonobstant garder en tête les risques élevés de thromboses veineuses profondes et d’embolies pulmonaires.

Les risques

En plus de présenter de nombreuses malformations, les personnes atteintes du syndrome de Protée ont un plus grand risque de mourir de façon subite, d’être atteint d’une scoliose, d’une mégalospondylie, d’anomalies du système nerveux central, de tumeurs, de complications ORL, de complications dentaires et oculaires ainsi que de malformations kystiques du poumon.

L’entourage

Il est très difficile pour des parents d’accepter l’arrivée d’un enfant atteint d’une maladie aussi agressive. Comme les déformations font leur apparition durant l’enfance et que le diagnostic est parfois long, la famille doit vivre dans l’incertitude et l’inquiétude en ne sachant pas de quoi leur enfant souffre. C’est pourquoi une aide doit être apportée aux parents pour leur faire supporter cette rude épreuve. La famille et les amis s’avèrent être des atouts indispensables dans ce genre de situation.

Traitement et conséquences

Il n’existe, à ce jour, aucun traitement pouvant remédier complètement à la maladie. Plusieurs interventions s’imposent toutefois tout au long de l’évolution de la maladie et peuvent s’avérer fort radicales : amputations de membres tels que les orteils ou les doigts, insertion de plaque métallique orthopédique, ablation d’un morceau de la moelle épinière, etc. La liste pourrait se prolonger encore et c’est toujours difficile de prévoir ce qui attend le patient puisque la maladie est imprévisible et extrêmement variante d’un cas à l’autre. C’est pourquoi un suivi assidu doit être fait auprès du patient afin de bien contrôler la maladie et d’éviter le pire…

Quelques chiffres

 En 1988, on estimait à 120 le nombre de sujets atteints du syndrome de Protée

 La variabilité des symptômes fait que la proportion de diagnostics erronés est élevée : une revue de la littérature fait état de 205 cas publiés, dont seulement 97 remplissent les critères diagnostiques émis en 1998 par le National Institute of Health

Conclusion

C’est bien sûr un simple survol de cette complexe maladie. Pour ceux qui voudraient aller plus loin sur le sujet, voici une liste de sites traitant du syndrome de Protée. Le premier contient, entre autres, un poème fort touchant de la mère d’un enfant atteint de cette maladie. Je vous propose également une banque d’images de différents cas ainsi que quelques hyperliens de témoignages (certains en anglais) intéressants. »

 

 

«Légaliser l’euthanasie serait lourd de conséquences»

«Légaliser l’euthanasie serait lourd de conséquences»

Par Marion Brunet LE FIGARO.FR

INTERVIEW – Tugdual Derville, auteur de La Bataille de l’euthanasie, revient sur la proposition de François Hollande d’autoriser la mort médicalement assistée.

«Légaliser l'euthanasie serait lourd de conséquences» dans Billets coeur-LEFIGARO.FR – À moins de 70 jours de la présidentielle, comment se positionnent les deux principaux candidats sur la question de l’euthanasie?

Tugdual DERVILLE* - On assiste aujourd’hui à une cristallisation du débat entre la droite et la gauche, sans pour autant qu’il y ait unanimité dans un camp ou dans l’autre. Il y a d’un côté la mesure 21** du candidat socialiste, François Hollande, qui propose de légaliser l’euthanasie et de l’autre, le président sortant, Nicolas Sarkozy, qui dans son entretien au Figaro Magazine , a clairement argumenté dans le sens contraire.

Si je me félicite que le statut des plus fragiles figure au cœur des débats de la présidentielle, je suis aussi attristé de voir cette question prisonnière du clivage gauche-droite. Il devrait en effet être très consensuel de dire qu’il faut accompagner les personnes dans leur fin de vie en respectant leur dignité, plutôt que de passer à l’acte en levant l’interdit de «tuer». C’est un mot fort, mais l’euthanasie qui est proposée est quand même un empoisonnement et c’est comme cela que ça se passe déjà aujourd’hui dans certains pays étrangers. J’espère par ailleurs que les décideurs pourront «dépiéger» le mot de «dignité», qui fait actuellement l’objet d’une guerre des mots. Il faut reprendre les termes qui ont été détournés et oser dire qu’une injection létale, c’est indigne de l’être humain.

Que propose concrètement François Hollande?

Si les mots «euthanasie», «mort» ou «mourir» ne sont pas utilisés dans sa proposition, les lieutenants du candidat n’ont pas fait mystère qu’il s’agissait bien d’euthanasie. Cette mesure, qui propose donc l’injection létale, pourrait être très lourde de conséquences. Tout d’abord, parce que la «phase avancée» d’une maladie incurable suffirait à justifier une euthanasie. Autrement dit, une personne qui ne serait pas forcément en fin de vie, mais qui pourrait peut-être vivre avec une dépendance très lourde pendant plusieurs années si elle était accompagnée autrement, pourrait en réclamer une.

Dans le projet de François Hollande, la notion très délicate de souffrance psychique peut aussi être invoquée. Prendre au mot la désespérance, qu’une personne peut éprouver légitimement dans toute sorte de situations, est vraiment à l’antithèse de la solidarité qu’on doit aux personnes désespérées. Elle est aussi très invérifiable et dépend de la manière dont les personnes sont accompagnées et écoutées.

Enfin, il y a cette notion d’«insupportable» qui est utilisée comme critère général. Il s’agit d’un mot fort et lourd de sens. L’expression «impossible à supporter» ne peut donc valoir que l’adhésion à la fin de vie. En effet, si la mort est l’alternative à l’«insupportable», alors la mort s’impose comme une évidence. C’est selon moi un critère extrêmement piégé.

Pourquoi le candidat socialiste a-t-il remis ce sujet sur la table?

Depuis pas mal d’années, la différence entre la gauche et la droite se fait sur des questions de société et la pensée selon laquelle il faut changer notre société – en la faisant avancer vers de nouveaux droits – a donné à l’euthanasie un caractère «progressiste». C’est un peu comme s’il y avait une inéluctabilité, un sens de l’histoire, qui irait vers le droit de choisir sa mort. Une partie des hommes politiques de gauche ont comme épousé cette idée, qui pour moi est largement régressive. Il faut avant tout que l’accompagnement de fin de vie fasse ses preuves. Si les soins palliatifs sont connus et développés, la revendication euthanasique, qui est largement fondée sur la peur de l’acharnement thérapeutique, pourra s’éteindre d’elle-même.

Peut-on comparer, en terme de portée symbolique, la proposition de François Hollande à l’abolition de la peine de mort mise en œuvre par François Mitterrand?

Je ne sais pas ce qu’il en est dans l’esprit de François Hollande, mais j’ai vu que le sénateur socialiste Robert Badinter (qui avait fait voter en tant que garde des Sceaux l’abolition de la peine de mort en 1981, ndlr) était hostile à sa proposition. Car selon lui, on ne peut pas être à la fois contre la peine de mort et pour l’euthanasie. Toutefois, la comparaison est possible du point de vue de l’Histoire. Le moment est d’une certaine manière historique car sous sommes face à un risque de basculement. Si on entrouvre la porte, elle le sera définitivement. On aura beau prétendre qu’il y a des tas d’encadrements, les exemples étrangers – Belgique et Pays-Bas – montrent qu’à partir d’une loi initialement restrictive, toute sorte de propositions arrivent très rapidement pour l’étendre aux enfants, aux personnes démentes, etc… Il s’agit au fond d’un choix vraiment culturel et c’est ce qui rend le moment historique.

En outre, je pense aussi que François Hollande n’est pas très à l’aise dans ses baskets par rapport à cette proposition, quand on voit la façon dont il la présente. Soit il a été trompé par les sondages d’opinion, soit il essaye de tenir un double langage pour que chaque niche interprète à sa façon sa proposition.

Allez-vous interpeller les candidats pendant la campagne présidentielle?

On fera tout ce qu’il faut pour mettre François Hollande devant ses responsabilités. Et s’il est élu, un supposé état de grâce aura beaucoup plus de difficultés à tenir face à une vraie bataille de l’euthanasie dans laquelle on regarderait toutes les conséquences du basculement. Nous espérons aussi que Nicolas Sarkozy, s’il est reconduit, mettra en place son fameux projet sur la dépendance qu’il a ajourné à cause de la crise financière. Il ne suffit pas de dire non à l’euthanasie, il faut aussi dire oui à l’accompagnement des personnes.

Seriez-vous favorable à un référendum sur cette question?

Dans l’état actuel de l’opinion et compte tenu de la confusion qu’il y a sur les termes, je ne pense pas que cela serait la solution, cela représenterait même plutôt un risque. Comme pour la peine de mort, ce sont des sujets qu’il serait dangereux de transformer en enjeu populiste car les pulsions émotionnelles risqueraient de ne pas être à la hauteur de la sagesse nécessaire.

* Tugdual Derville est aussi le délégué général de l’Alliance Vita, qui milite notamment contre la légalisation de l’euthanasie.

** Proposition n°21 du programme de François Hollande: «Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assis- tance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité».

La Bataille de l’euthanasie. Enquête sur les sept affaires qui ont bouleversé la France, Éditions Salvator, 18,50 euros.

LIRE AUSSI: 

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» Comment les médecins en hôpital abordent la fin de vie

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Cancer de l’ovaire : mieux vaut ne pas le dépister !

Le Point.fr – Publié le 05/02/2012 à 09:59 – Modifié le 05/02/2012 à 10:00

Cancer de l’ovaire : mieux vaut ne pas le dépister !

Un vaste essai clinique américain montre que le dépistage systématique de ce cancer doit être vivement déconseillé.

Par Louise Cuneo

Mesdames, ne cherchez surtout pas à savoir si vous êtes atteintes d’un cancer de l’ovaire ! Non seulement le dépistage systématique serait inutile, mais il serait en plus potentiellement nocif.

La durée de survie à un cancer de l’ovaire est directement liée au stade de développement de la maladie au moment où elle est diagnostiquée…, ce qui intervient souvent assez tard. Par ailleurs, il est fort difficile de tirer des conclusions de l’observation des symptômes, qui sont très variés. Faut-il dès lors se fier aux protocoles de dépistage classiques pour se préserver du septième cancer le plus fréquent chez la femme ?

Non, à en croire le résultat d’un vaste essai clinique mené aux États-Unis sur plus de 78 000 femmes âgées de 55 à 74 ans sans antécédents particuliers, pendant douze ans ou plus pour la moitié d’entre elles. Pour réaliser l’étude, ces femmes ont été divisées en deux groupes : l’un n’a subi aucun examen, l’autre – nommé « dépistage » – a été soumis aux techniques de dépistage classique, une échographie transvaginale et un dosage du marqueur tumoral (le CA 125).

Faux diagnostics

Les conclusions de cet essai, relayées par la revue indépendante Prescrire, sont sans appel : la mortalité par cancer de l’ovaire a été similaire dans les deux groupes, tout comme la mortalité totale, ainsi que le nombre de cancers découverts à un stade avancé (qui représentent environ 77 % dans chacun des deux groupes). Apparemment donc, dépister ne servirait tout bonnement… à rien : on n’en mourrait pas moins.

Mais il y a pire. Dans le groupe « dépistage », près de 10 % des femmes ont eu un résultat « faussement positif » : en somme, une femme sur dix s’est vu diagnostiquer un cancer de l’ovaire à tort. Un tiers de ces femmes ont ainsi subi une intervention chirurgicale, qui s’est conclue par de sévères complications dans 15 % des cas. Il existe ainsi une probabilité de se faire opérer inutilement avec de potentielles graves complications à la clef.

Mieux vaut donc clairement éviter le dépistage du cancer de l’ovaire, a fortiori lorsqu’on ne présente pas de risque familial. Une règle qu’il ne faut cependant pas généraliser à tous les types de cancer. Ainsi, le dépistage contre le cancer du col de l’utérus reste bien le principal moyen de s’en préserver, et ce, malgré la vaccination par le Gardasil.

 

 

L’autisme, les raisons de la Grande Cause nationale 2012

Le Point.fr – Publié le 21/12/2011 à 15:49 – Modifié le 21/12/2011 à 17:04

Soulagement parmi les associations concernées, déception chez les « concurrents » allergologues et ceux qui luttent contre l’échec scolaire.

« Le moment est on ne peut plus opportun pour entamer, grâce au label Grande Cause, une année de sensibilisation du grand public. » Les mille associations du rassemblement Ensemble pour l’autisme affichent leur satisfaction et leur soulagement au lendemain de la déclaration du Premier ministre, pour qui l’attribution du label « se situe dans la continuité du Plan autisme 2008-2010 qui a mobilisé 187 millions d’euros ». Car elles vont pouvoir communiquer plus facilement et donner « une visibilité institutionnelle et médiatique toute particulière » à leur plan d’action, qui comprend notamment les premières Rencontres parlementaires sur l’autisme à l’Assemblée nationale le 12 janvier, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme le 2 avril ou encore le Tour de France de l’autisme en septembre.

L’autisme touche près de 600 000 personnes en France. La fréquence d’apparition de cette maladie ne cesse d’augmenter. Selon des statistiques parues récemment dans la revue scientifique Nature, la proportion des troubles autistiques dans la population est passée d’un individu sur 5 000 à un sur 110 entre 1975 et 2009. Et malgré le nombre d’équipes qui travaillent dans le monde sur cette mystérieuse maladie, son origine et l’explosion du nombre de cas ne sont toujours pas expliquées. Certains spécialistes relativisent néanmoins cette nette augmentation en arguant que les critères de diagnostic ont été élargis et que les médecins sont plus sensibilisés à ces patients, autrefois souvent considérés comme des « attardés mentaux ».

Retard des diagnostics

Concernant les causes, son caractère familial est connu depuis longtemps. On sait qu’il existe une concordance des troubles de 60 % à 90 % chez les jumeaux monozygotes et que, si un enfant est touché, le risque qu’un de ses frères et soeurs le soit aussi est multiplié par vingt. Impossible, pour autant, d’isoler un gène majeur responsable. D’ailleurs, des centaines d’anomalies génétiques différentes ont déjà été identifiées. Il est vrai que l’autisme peut revêtir de multiples formes, ce qui pousse les spécialistes à parler de « troubles du spectre autistique » comprenant des difficultés de communication, de relations sociales et de comportement, avec ou sans retard mental.

D’autres pistes de recherche sont explorées en parallèle. Les unes concernent les facteurs d’environnement susceptibles d’expliquer la multiplication des cas, d’autres sont destinées à comprendre ce qui se passe au moment du développement du cerveau, chez le foetus, notamment lorsque la future mère est malade et prend des médicaments. Une étude post mortem publiée en novembre dernier dans la revue américaine JAMA montre la présence d’une quantité anormalement élevée de neurones (plus de 67 %) dans la zone préfrontale chez des autistes. Ces anomalies étant impliquées dans la communication sociale, les émotions et le développement cognitif, cela conforte l’hypothèse d’un début prénatal des troubles.

Par ailleurs, un autre sujet taraude les familles : la prise en charge des malades. Ensemble pour l’autisme souligne qu’en décembre 2007, dans son avis sur l’autisme, le Comité consultatif national d’éthique la jugeait « inadaptée », conduisant souvent à de la maltraitance. Depuis, la situation ne s’est pas améliorée. « Le manque de formation des professionnels de santé entraîne un retard de diagnostic aux lourdes conséquences (les enfants sont diagnostiqués à 6 ans en moyenne au lieu de 2 ans) et les parents sont encore orientés vers des traitements psychanalytiques inadaptés. » Enfin, près de 80 % des enfants concernés ne sont pas scolarisés malgré la loi handicap du 11 février 2005 qui leur garantit normalement l’accès à l’école en milieu ordinaire. Manifestement, l’attribution de la Grande Cause nationale n’est pas un luxe…

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Réforme du contrôle des médicaments – Maraninchi : « L’Afssaps, c’est fini »

Le Point.fr – Publié le 19/12/2011 à 16:06 – Modifié le 19/12/2011 à 16:07

L’Assemblée nationale s’apprête à voter définitivement la réforme du contrôle des médicaments

Source AFP

« L’institution qu’était l’Afssaps est finie », a souligné, lundi, le directeur général de l’agence du médicament, Dominique Maraninchi, alors que l’Assemblée nationale s’apprêtait à voter définitivement la réforme du contrôle des médicaments. « L’institution qu’était l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) est finie et celle à venir n’est pas encore complètement installée », a déclaré le patron de l’agence dans un entretien au quotidien Le Monde. « C’est naturellement source de tensions internes », a-t-il reconnu.

Des membres du groupe de travail sur les infections respiratoires ont présenté, début décembre, leur démission après le refus du directeur de l’agence de publier en son nom des recommandations, en raison de liens d’intérêt de plusieurs experts avec des firmes pharmaceutiques. « La crise que nous traversons actuellement est une crise institutionnelle et non plus une crise morale ou de sécurité sanitaire, comme au moment du Mediator », a-t-il affirmé. Le Pr Maraninchi a estimé que l’agence était en état de bien fonctionner, mais a jugé nécessaire de « rapidement renforcer l’expertise interne indépendante ». « Le ministre et le législateur nous en ont donné les moyens et nous avons maintenant des règles claires de sélection », a-t-il ajouté.

Fin des scandales ?

Interrogé sur la difficulté à trouver des experts externes dénués de liens d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique, le Pr Maraninchi a déclaré : « Ce sera peut-être plus long mais nous y parviendrons en restant simples.Il a estimé « nécessaire de donner aux experts travaillant pour l’agence les moyens de faire plus de recherche publique indépendante, y compris pour présenter leurs travaux aux congrès importants ». Il a également indiqué que l’Afssaps pouvait auditionner des experts servant de référents à l’industrie pharmaceutique, « leur poser des questions précises sur un aspect d’un dossier ». « Mais ils ne feront pas partie d’un groupe de travail qui aide à la prise de décision et ne participeront pas à la discussion générale », a-t-il souligné.

L’Assemblée nationale devait voter définitivement lundi la réforme du contrôle des médicaments. Le projet de loi présenté par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, qui vise à empêcher la répétition de scandales comme celui du Mediator, réglemente les liens d’intérêt entre professionnels de santé et industrie pharmaceutique, et renforce la pharmacovigilance.

 

Quand les gouvernements de la France ont décidé d’éliminer les médecins : une désertification programmée ! Abaissement du numerus clausus et mise en place du MICA (mesures d’incitation à la cessation d’activité)

A-t-on besoin d’un numerus clausus ?

Point de vue | LEMONDE.FR | 08.12.11 | 10h24   •  Mis à jour le 08.12.11 | 12h41

par Daniel Wallach, médecin des hôpitaux de Paris

Mon avis personnel   (eultreia1) :

La disparition progressive des médecins en France est réelle, pérenne, en partie due à l’incurie de ceux qui nous gouvernent; certes on ne peut leur imputer la féminisation massive de la profession et ses conséquences : une femme médecin, épouse et mère de famille, ne s’installera pas en milieu rural, même si son conjoint y travaille; elle ne pourra pas consacrer à ses patients 12 à 15 heures par jour. Elle ne pourra pas assurer les gardes. Elle s’orientera de manière préférentielle vers une médecine de ville, comme salariée, avec des horaires fixes (médecine hospitalière, du travail, scolaire, d’établissements pour personnes agées etc…). Par contre nos gouvernants sont responsables du numérus clausus ; appuyés par l’Assurance Maladie, ils sont persuadés que l’augmentation du nombre des médecins s’accompagnera d’une augmentation obligatoire des prescriptions; pourtant les faits leur ont donné tort : quand le numérus clausus a été abaissé au plus bas, au nombre invraissemblable de 3.500 étudiants admis par an (au lieu des 12.500 habituels ), les dépenses de santé ont continué de progresser. Nos gouvernants, dans le même temps ont imaginé le Mica : les mesures d’incitation à la cessation d’activité ; on donnait des avantages substantiels aux médecins qui au lieu de partir en retraite à l’âge légal ( 65 ans), cessaient leur activité de médecin à 60 ans, puis à 57 ans ; des milliers de médecins se sont engouffrés dans cette porte ouverte. Enfin, ils sont responsables de la disparition de la vocation des médecins  soumis à des pressions administratives, judiciaires, financiaires, ordinales, insupportables. 

On comprend bien que voter dans les conditions actuelles, n’est pas un acte démocratique. L’incapacité à gouverner se manifeste probablement dans tous les domaines et il est est temps d’en prendre conscience et d’imaginer d’autres modes de scrutins, voire des sanctions pour les hommes politiques qui ont failli. Se rapprocher des citoyens, les écouter, et admettre qu’ils ont souvent des idées justes,  des propositions logiques et saines, des capacités d’imagination et d’innovation, tout en s’éloignant des technocrates qui se sont pas des hommes de terrain et n’ont pas la sensibilité nécessaire, sont des décisions impératives à prendre, qui ne souffrent aucun retard et aucune discussion.

Comme tous ses prédécesseurs depuis 1971, le ministre de la santé est amené à décider du nombre d’étudiants admis en seconde année des études médicales, ce que l’on appelle le numerus clausus. De quels éléments dispose-t-il pour se décider ? Pour déterminer, en 2011, le nombre de médecins, généralistes, spécialistes, chercheurs, qui exerceront en France entre 2025 et 2060 ?

A défaut de connaître l’avenir, on peut au moins interroger le passé récent de la démographie médicale. Le numerus clausus a été instauré en 1971 et était de 8 591 étudiants par an. Au cours des années suivantes, il a été régulièrement diminué jusqu’à atteindre, en1992, le nombre incroyablement bas de 3 500. Ce n’est qu’au début des années 2000 que les pouvoirs publics ont pris conscience de la conséquence dramatique, largement prévisible et prévue, du numerus clausus sur les effectifs médicaux, et ont commencé à le relever, pour atteindre le chiffre de 7 400.

 Tous les français, à la possible exception de ceux qui habitent les centres des grandes villes, expérimentent une difficulté qui ne fera que s’accentuer dans l’accès aux médecins, généralistes comme spécialistes.

Le prétexte initial : les places de stages hospitaliers. Le numerus clausus a été présenté comme une mesure purement technique, destinée à s’assurer que tous les étudiants en médecine, nombreux après 1968, pourront effectuer des stages hospitaliers. Il a été d’emblée approuvé par les organisations de droite qui souhaitaient limiter l’accès aux études, et combattue par les organisations de gauche qui s’opposaient à une restriction du savoir et des moyens de la santé. En outre, il faut souligner qu’en prenant comme critère des effectifs étudiants les possibilités de stages hospitaliers, on commet un contresens : de plus en plus, les patients peuvent être pris en charge en ambulatoire, et ont moins besoin des plateaux techniques hospitaliers. Donc, on doit former de plus en plus de médecins pour un exercice de moins en moins hospitalier. Mais la rigidité de la position des CHU dans notre système de santé empêche toute prise en compte de cette évidence, et c’est encore vrai aujourd’hui.

Une motivation bureaucratique : le médecin prescripteur est responsable des dépenses de santé. Au cours des années suivantes, l’augmentation des dépenses de santé sera la cible de la plupart des économistes et gouvernements. La phrase : « Il faut limiter les dépenses de santé », sera écrite ou prononcée des milliers de fois. Par contre, on n’entendra guère que les dépenses de santé ont comme corollaire des recettes de santé, qu’elles apportent de la santé, des années de vie, des soulagements, des améliorations et des guérisons. L’activité médicale sera présentée par les pouvoirs publics et les médias uniquement comme une source de dépenses et les médecins comme les principaux responsables de cette dépense. Les décideurs du ministère de la santé et de l’assurance-maladie vont donc toujours plaider pour une diminution du numerus clausus.

La limitation de l’accès aux études n’a pas été le seul moyen préconisé pour diminuer le nombre de médecins prescripteurs. Pour ceux qui sont en activité, on a cherché à les réorienter vers des activités non soignantes, ou à les reconvertir vers d’autres professions. Quant à ceux qui sont déjà âgés, on leur a proposé le MICA, mécanisme d’incitation à la cessation d’activité, qui les indemnise pour qu’ils prennent leur retraite et cessent de prescrire dès 56 ans. Coûteux et inefficace, le MICA aura duré quatorze ans, jusqu’en 2003.

Comme la plupart des professionnels, les médecins, qui ont fait des études difficiles et ont en général une solide vocation, travaillent beaucoup, sont fiers de leur travail, et pensent qu’ils sont utiles à leurs prochains. Pas du tout, ont-ils entendu pendant une trentaine d’années : vous êtes trop nombreux, vous coûtez trop cher, vous feriez mieux de faire autre chose, et plus tôt vous arrêterez, mieux ce sera. Cette démoralisation assidue de la profession a probablement eu des conséquences considérables, qui n’ont pas été suffisamment étudiées.

Une motivation libérale : le médecin doit faire beaucoup d’actes. Les syndicats de médecins libéraux ont été particulièrement sensibles au risque de pléthore médicale que faisait courir l’augmentation impressionnante des effectifs d’étudiants, et ont toujours milité pour un numerus clausus aussi faible que possible. L’idée des syndicalistes libéraux était que l’augmentation des effectifs risquait d’appauvrir les médecins et de les inciter à vouloir devenir fonctionnaires.

Qui est contre le numerus clausus ? Il n’est pas très exact de dire que tout le monde a toujours été favorable au numerus clausus. On suppose que les malades, les dizaines de milliers d’étudiants recalés, les habitants des zones rurales ou des banlieues peu favorisées étaient opposés au numerus clausus, mais personne ne leur demandait leur avis. Parmi les personnalités qui s’exprimaient, deux groupes étaient opposés au numerus clausus.

D’une part, les doyens des facultés de médecine, mais on les accusait de plaider pour leur propre cause. D’autre part le Parti communiste et les organisations qui en étaient proches (UNEF ou une des UNEF, SNESup). Pour le Parti communiste, la possibilité de consulter librement un médecin libre et conventionné est un acquis précieux du peuple français, et il faut que les médecins soient nombreux, instruits, disponibles, et bien payés.

Que conclure ? L’histoire du numerus clausus nous apprend que les hommes politiques, les administratifs, les médecins eux-mêmes, sont parfaitement incapables de planifier les effectifs médicaux. Par exemple, les prévisionnistes n’ont tenu aucun compte de deux données majeures de l’évolution de la médecine : la féminisation et la réduction du temps de travail. Dans les années 1960, le médecin était un homme (à 90 %), souvent aidé bénévolement par sa femme. Il travaillait entre 50 et 60 heures par semaine, environ 48 semaines par an, de 30 à 70 ans. Dans les années 2010, le médecin est une femme (à 70 %), aidée par personne, qui travaille moins de 35 heures par semaine, environ 44 semaines par an, de 35 ans à 60 ans. Faites le calcul en temps médical disponible, la différence est stupéfiante. Les prévisionnistes n’ont pas prévu non plus que la population française allait augmenter, allait vieillir, et allait avoir besoin de plus en plus de médecins. De médecins bien formés, qu’on ne pourra pas sans dommage remplacer par des personnels de formation inférieure.

Que faire ? Les décideurs en matière de santé sont victimes d’une phrase qu’ils ont beaucoup lue ou écrite : « Il faut adapter les effectifs médicaux aux besoins de la population. » C’est malheureusement impossible parce que les besoins de la population, personne ne sait ni les évaluer ni encore moins les prévoir.

Au moins sait-on ce qui est souhaitable :

  • des médecins bien formés par des facultés responsables de cette formation et, pourquoi pas, de la formation post-universitaire ;
  • des médecins soutenus par un appareil administratif qui n’est ni leur employeur (ceci vaut pour l’assurance-maladie) ni leur directeur (ceci vaut pour les directeurs d’hôpitaux) ;
  • des médecins responsables devant leurs patients (c’est la signification du paiement à l’acte) et libérés du souci de se plier à d’autres intérêts (les conflits d’intérêt ne se limitent pas à l’industrie pharmaceutique) ;
  • des médecins bien rémunérés, personne n’imagine qu’il puisse en être autrement, gérant avec compétence et discernement les moyens que la nation a décidé de consacrer à la santé ; ces décisions sont évidemment la base de tout le fonctionnement de la médecine ;
  • des médecins suffisamment nombreux pour accomplir toutes ces tâches, faire progresser la médecine, et vivre leur vie personnelle.

On n’a certainement plus besoin d’un numerus clausus.


Daniel Wallach est l’auteur de Numerus clausus. Pourquoi la France va manquer de médecins (Editions Springer, 2011).

Médicaments, la valse des experts…

Le Point.fr – Publié le 09/12/2011 à 18:19

par Anne Jeanblanc

Bonne nouvelle pour les patients : les autorités sanitaires sont de plus en plus regardantes sur l’intégrité de leurs experts.

Coup de tonnerre à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Son directeur général, Dominique Maraninchi, a refusé de publier jeudi des recommandations du groupe de travail sur les anti-infectieux concernant les infections respiratoires hautes, en raison de liens d’intérêt de plusieurs experts avec des laboratoires pharmaceutiques. Conséquence immédiate : bon nombre de ces derniers ont présenté leur démission. Le Dr Philippe Foucras, médecin généraliste (sans conflit d’intérêt, précise-t-il d’emblée) et président de la Formindep, une association qui oeuvre pour une formation et une information médicales indépendantes de tout autre intérêt que celui de la santé des personnes, se confie au Point.fr.

Le Point.fr : Que pensez-vous de ce qui s’est passé jeudi à l’Afssaps ?

Dr Philippe Foucras : Je dirais « bon débarras ». Manifestement ces experts se croient encore sortis de la cuisse de Jupiter alors que toutes les études réalisées dans le monde entier montrent que les conflits d’intérêt sont susceptibles d’altérer la qualité des travaux. Je vous rappelle que c’est le même groupe de travail sur les maladies infectieuses qui, lors de l’épidémie de grippe A(H1N1) en 2009, avait estimé que l’on pouvait prescrire du Tamiflux à l’ensemble de la population, aux moindres signes de refroidissement, tout en précisant qu’il n’y avait aucune preuve de son efficacité. Mais il fallait écouler les importants stocks de ce médicament antigrippal. Sur notre site, on peut lire l’avis rendu. Il est hallucinant. Donc si ce type d’experts démissionne, c’est une chance pour la santé publique.

D’autres recommandations, émises précédemment, pourraient-elles être annulées ?

Oui évidemment. D’ailleurs, nous sommes très contents des avancées majeures que nous avons récemment obtenues à la Haute Autorité de santé. Souvenez-vous qu’à la suite de nos actions le Conseil d’État a abrogé deux recommandations qui avaient été établies en dépit des règles de respect de conflits d’intérêt. À la suite de cela, il s’est passé une vraie révolution à la Haute Autorité de santé (HAS). Prenez l’exemple des médicaments destinés à lutter contre la maladie d’Alzheimer. Ils ont réévalué sur les mêmes données, mais avec des experts indépendants. Résultat : leur efficacité a été revue à la baisse. De voir que l’Afssaps prend désormais en compte la jurisprudence Formindep est une vraie chance pour la santé publique. Excusez-nous de demander l’application de la loi… Car autant les réglementations internes des agences que les règles légales du code de santé publique stipulent que les experts doivent déclarer leurs éventuels conflits d’intérêt – maintenant on est plus regardant là-dessus -, mais aussi que les recommandations doivent être faites par des groupes dans lesquels les experts n’ont pas de conflit d’intérêt avec les produits dont ils vont parler.

Mais est-il possible de recruter de bons experts indépendants ?

Bien sûr. La preuve est que la Haute Autorité en trouve. Mais pour cela il faut les chercher… Cela montre bien que tous les « bons » experts ne travaillent pas forcément pour les firmes pharmaceutiques. Et que l’évaluation ou la réévaluation de patients se fait alors au mieux de l’intérêt des patients. Malheureusement, il y a encore à l’Agence européenne du médicament des Français qui ont toujours travaillé pour des firmes pharmaceutiques et qui continuent à le faire alors qu’ils sont en charge du médicament dans toute l’Europe. Eux n’ont toujours pas compris où était l’intérêt général.

 

 

 

Il faut « nettoyer » l’Afsaaps au karcher ! La France meurt de son amoralité ou la chronique d’une mort annoncée

Les révélations du Figaro sur la promotion à l’agence du médiament (Afssaps) de celle qui a été en charge de l’évaluation du Mediator de 1998 à 2009 à l’agence, Catherine Rey-Quinio, ont animé hier soir les débats à l’Assemblée nationale. Les députés discutaient, en nouvelle lecture, de la loi sur le projet de loi relatif au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé. Ce texte, modifié par le Sénat, avait été examiné mardi 15 novembre par la commission mixte paritaire, qui n’avait pu parvenir à un accord.

Outre son manque de réactivité flagrant vis-à-vis du Mediator quand elle en avait la charge à l’Afssaps, c’est sa fonction précédente qui a cristalisé les critiques. En effet, avant 1998, Catherine Rey-Quinio a travaillé plusieurs années chez Servier où elle était médecin produit Isoméride. Or, ce coupe -faim de Servier, retiré du marché en 1997, est le cousin du Mediator en raison de sa proximité chimique. Les deux molécules se transforment dans l’organisme en norfenfluramine, une substance toxique pour les valves du coeur.

La faute au cabinet de recrutement

Un peu avant minuit mardi soir, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand a pris la parole devant les députés et a demandé à ce que la promotion de Catherine Rey-Quinio ne soit pas entérinée. «Je dois revenir sur la nomination de madame Rey-Quinio. Je n’aime pas ce type de nomination dans la mesure où j’estime que même si cette dame travaillait avant à l’Afssaps, elle a aussi travaillé chez Servier et pas sur n’importe quel médicament, sur l’Isoméride. Je pense qu’il n’est pas bon qu’elle puisse occuper un futur poste de direction».

Xavier Bertrand a par ailleurs rapporté s’être entretenu avec le patron de l’Afssaps, Dominique Maraninchi, qui aurait mis en cause le cabinet de recrutement en charge des postes à pourvoir à l’agence. «C’est un cabinet de recrutement qui a fait le préfiltre, a expliqué le ministre. Je m’interroge sur la qualité de ce cabinet de recrutement. Il doit savoir les antécédents de cette personne (Catherine Rey-Quinio)».

Le conseil d’administration de l’Afsspas ne validera pas la promotion

Deux possibilités s’offrent à l’ancien médecin de Servier : soit elle retire d’elle-même sa candidature, soit le conseil d’administration de l’Afssaps de validera pas sa nomination, a promis le ministre de la Santé.

L’article du Figaro revenait également sur la nommination à l’Agence régionale de santé (ARS) d’Anne Castot, ancienne chef du service de la gestion des risques et de l’information sur les médicaments à l’Afssaps qui avait particulièrement mal géré le Mediator. Xavier Bertrand a promis de demander à Claude Evin, le patron de l’ARS Ile-de-France «quelles sont les conditions précises du travail d’Anne Castot à l’ARS».par Anne Jouan, LeFigaro.fr

 

Euthanasie : le docteur Bonnemaison a été suspendu

Le Point.fr – Publié le 18/11/2011 à 12:01 – Modifié le 18/11/2011 à 14:06   Source AFP

Le médecin bayonnais soupçonné d’euthanasie active serait impliqué dans un neuvième cas.

Le médecin urgentiste Nicolas Bonnemaison, soupçonné d’euthanasie active sur huit patients à l’hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), a été « suspendu » vendredi par le ministre de la Santé, qui a évoqué dans un communiqué un possible neuvième cas. Xavier Bertrand a pris cette décision à la suite du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur l’établissement hospitalier de Bayonne, qui a étudié les dix-neuf dossiers de patients décédés qui avaient été pris en charge par le médecin urgentiste.

Selon le communiqué, publié avec la secrétaire d’État Nora Berra, les ministres ont décidé d’ »engager une procédure disciplinaire » et de « prononcer, à titre conservatoire, la suspension immédiate de l’intéressé ». Nicolas Bonnemaison a été mis en examen le 12 août à Bayonne pour « empoisonnements sur personnes particulièrement vulnérables ». Mi-septembre, la cour d’appel de Pau l’avait laissé libre sous contrôle judiciaire, avec interdiction de pratiquer la médecine, d’entrer en contact avec des membres de son ancien service et de résider dans les Pyrénées-Atlantiques.

Suspension immédiate

« Pour autant, du point de vue statutaire », le Dr Bonnemaison est « toujours en position d’activité », indiquent les ministres. C’est pourquoi ils ont prononcé, « à titre conservatoire », sa suspension immédiate. Le communiqué indique également que, « dans le respect du secret médical et de la procédure judiciaire en cours », la mission de l’Igas a étudié tous les dossiers des patients décédés à l’unité d’hospitalisation de courte durée dont l’urgentiste s’est occupé, soit 19 dossiers.

Après l’étude de ces dossiers, l’Igas a signalé aux autorités judiciaires qu’un dossier « comportait explicitement la mention d’une administration de curare au patient, en dehors des indications habituelles ». Xavier Bertrand et Nora Berra précisent qu’aucune société savante n’indique l’administration de curare comme méthode de sédation. « Or seule une méthode de sédation pouvant avoir pour effet d’abréger la vie est autorisée par la loi du 25 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie ».

« Ce cas ne faisait pas partie des dossiers ayant fait jusqu’alors l’objet d’un signalement aux autorités judiciaires par l’établissement », ajoute le communiqué. Par ailleurs, le rapport de l’Igas mentionne des « dysfonctionnements organisationnels » au sein de l’unité du Dr Bonnemaison, « mais qui ne présentent pas de liens avec les événements ayant fait l’objet du signalement », précisent les ministres.